CHAOS 2.0

Published on novembre 25th, 2017 | by François Cau

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CHAOSRAMA épisode 36

Après deux semaines de pause forcée faute d’actu, la sélection des choses vues reprend du service, le holster critique pendouillant sous son aisselle moite, prêt à classer des trucs par ordre d’appréciation, du pire au meilleur.

Gun Shy de Simon West

OK, hypothèse de travail : Antonio Banderas a changé d’agent pour un millennial qui ne l’a vu que dans Expendables 3 et Machete Kills. Et encore, ça n’explique qu’à moitié sa présence dans ce film profondément gênant, pochade pas drôle, satire datée de… de quoi, au juste ? Des rock stars sur le retour ? Du cinéma d’action méta ? Des acteurs étrangers expatriés à Hollywood, et de leur condamnation ad vitam eternam au bizutage ? Simon West, dont le meilleur film reste à ce jour Les Ailes de l’Enfer, enrobe sans passion un script qui se croit drôle et oublie de diriger quiconque dans le processus. Le visuel ci-dessus vous dit tout ce qu’il y à savoir. Tout ce que le film parvient à faire, c’est rappeler, non sans cruauté pour ses protagonistes, à quel point Russell Brand était bon dans Get Him to the Greek.

The Punisher saison 1

La seule bonne nouvelle, c’est que les productions Marvel / Netflix abandonnent enfin leur direction artistique néo-noir pompée sans vergogne au Punisher War Zone de Lexi Alexander – enfin bon, c’est un peu couillon dans le sens où c’était là qu’elle aurait eu le plus de sens. ANYWAY. Les mauvaises nouvelles, c’est qu’il n’y a toujours aucun capitaine à bord de ces navires branlants, toujours trop longs d’au moins quatre épisodes répétitifs à se pendre, interprétés par des Amiibos de personnage – que quelqu’un m’explique, un jour, Jon Bernthal. Dans l’absolu, il y aurait énormément à redire sur les contradictions débiles du héros, condensées dans ce parallèle consternant du dernier épisode entre un passage à tabac et une scène de jambes en l’air avec son épouse décédée (hommage à Munich ? allez savoir) et surtout l’incroyable épisode 9, hilarant plaidoyer pour la possession d’armes qui ne pouvait plus mal tomber aux Etats-Unis ce mois-ci cette année ce siècle. Mais vous savez quoi ?  Ce sont les seuls moments où ce truc impersonnel semble s’animer un peu. Comme quand Joss Whedon parvient à faire regretter Zack Snyder.

Black Butterfly de Brian Goodman

Seconde hypothèse de travail : Antonio Banderas a viré son agent millennial pour le remplacer par un retraité qui se souvient vaguement l’avoir aperçu dans L’Expert avec Stallone et Sharon Stone. Du coup, il lui trouve le projet idéal : un script refusé par Nicolas Cage en 2012 (for real), où il pourra se la donner modérément face à un acteur que tout le monde a oublié, devant la caméra d’un never been visiblement embarrassé par son intrigue, pièce à conviction numéro 619 dans le procès des twists scénaristiques mollassons. A noter, une apparition à peine incongrue d’Abel Ferrara dans le rôle d’un commerçant bonhomme.

24 hours to live de Brian Smrz

En pleine crise de l’approche de la cinquantaine, Ethan Hawke tente la reconversion en action star tardive à la Liam Neeson tant que son corps et ses fossettes peuvent suivre. De tous ses direct-to-VOD récents, il s’agit du plus honnête d’une courte tête. Le film assume sa bêtise bourrine et fonce dans le tas de son absence de réel concept sans prendre de prisonnier. Puis le réalisateur n’a pas de voyelle dans son nom, c’est marrant.

KO de Fabrice Gobert

Laurent Lafitte, plutôt bon, joue une caricature de Vincent Bolloré écrite par un Américain qui se fierait à des souvenirs de la France datant d’un voyage scolaire au lycée. Le proto Bollo est un salaud, au point de se faire tirer dessus à la sortie d’un ascenseur par un présentateur de JT sosie de Thomas Langmann. Il se réveille du coma dans une dimension parallèle particulièrement atroce, où les femmes ont pris le pouvoir et lui se retrouve relégué au rôle de Mister Météo – l’enfer, quoi. Quand le spectateur pense avoir épuisé son quota de « mais… quoi ? », Fabrice Gobert, La Gobe imagine un hommage à Fight Club animé par des intermittents de Canal Plus. A la fin, le personnage a mûri et appris de ses erreurs, la preuve, il dit « bonjour » à ses employés. Pas tous, hein, faut pas déconner.

Jim & Andy: The Great Beyond de Chris Smith

Je vous aime tous mais ARRÊTEZ DE SURVENDRE N’IMPORTE QUOI LES AMIS. Ce documentaire tout ce qu’il y a plus honorable constitue un excellent bonus tardif du Man on the Moon de Milos Forman en ce qu’il donne immédiatement envie de le revoir et de se replonger dans la carrière d’Andy Kaufman. Il ne fait qu’effleurer, par pudeur étonnamment bien placée pour une prod’ Vice, l’immense tristesse existentielle de Jim Carrey, cet homme brisé par deux décennies de montagnes russes émotionnelles, tant au niveau professionnel que personnel. Le film définitif sur cette personnalité ambiguë, aussi fascinante qu’intensément déprimante reste encore à faire.

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Défendra L’Amour Braque sur un champ de bataille.
Mourra donc bêtement.



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