CHAOS 2.0

Published on novembre 4th, 2017 | by François Cau

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CHAOSRAMA épisode 35

Que vaut-il mieux : que Donald Trump inspire les scénaristes de séries et auteurs comiques comme rarement ou qu’Emmanuel Macron n’inspire que Le Sens de la Fête ? La sélection hebdomadaire des choses vues, classées de la pire à la meilleure, ne répond absolument pas à la question.

Baywatch : Alerte à Malibu de Seth Gordon

Insupportable micro-phénomène qui tend à tuer à petits feux la comédie américaine contemporaine, ce mélange entre trash bourgeois et politiquement correct, enrobé dans une facture nostalgique vide de sens. Ici, une adaptation de séries pour trentenaires filmés pour des ados de 10-15 ans, avec un humour en dessous de la ceinture mais comme pétrifié par la menace fantoche des Social Justice Warriors. Non, Seth Gordon, tu auras beau m’expliquer que ton gag de la teub coincé dans une chaise longue est méta, tu ne m’enlèveras pas de l’idée que ton film existe à peine.

Amityville: the awakening de Franck Khalfoun

Hey, emménageons dans cette maison où il y a eu un massacre 40 ans en arrière et n’en partons jamais, même quand tout le monde y fait des cauchemars surviolents, que le frangin dans le coma se réveille subitement et mobilise toutes ses forces pour dire plusieurs fois « au secours » sur un clavier numérique, ou que les murs affichent la peu encourageante mention « Kill them all ». Le petit savoir-faire pas dégueu de Franck Khalfoun et la multiplication du coefficient sympathie par 3,14 du fait de la seule présence de Jennifer Jason Leigh ne peuvent rien contre ce cliché interdit par la convention de Charleville-Mézières en 1998 dans une dimension parallèle pas forcément idyllique, juste un minimum à cheval sur les facilités scénaristiques. J’en reviens tout juste, Vin Diesel y fait des bagels végétariens pas très bons.

The Wall de Doug Liman

Parce qu’il est resté un homme simple, Doug Liman aime bien se dégourdir les jambes sur un petit high concept des familles entre deux productions avec Tom Cruise. Ça le détend, et ça maintient sa petite réputation à peu de frais. Guerre des nerfs mignonnette et plutôt ennuyeuse entre un meuwine et un sniper ennemi super fourbe qui essaie de lui faire croire que c’est lui, l’ennemi, The Wall contient un plan pas mal, que Doug Liman tentera sûrement de reproduire dans un de ses futurs films plus fortunés.

Singularity de Robert Kouba

Dans son premier quart d’heure, cette minuscule fantaisie de science-fiction tente de se convaincre qu’elle est en train de réinventer le genre avec des CGI’s boiteux et son John Cusack démissionnaire qui a dû tourner ses scènes en une demi-journée dans une pièce vide tout en fonds verts parce que c’est ça, ta vie, maintenant, John. C’est une méthode qui prend parfois : balancer les défauts directement au fond de la gorge pour les faire avaler d’une traite, plus facilement. Le stratagème fonctionne jusqu’à ce que l’action à proprement parler démarre après cette longue intro, et là, le film te fait comprendre que John Cusack, ce coquin, a dû pomper l’essentiel du budget. Dialogues sur-explicatifs, acteurs en roue libre comme des petits animaux sauvages introvertis par des années de maltraitance par les prédateurs, mise en scène entre le purement fonctionnel et la touche perso inappropriée, Uwe Boll et Xavier Dolan ont un fils, et qué s’appelario Robert Kouba.

The Babysitter de McG

McG, cette espèce de Joseph Kahn tapageur et quand même vachement moins doué, mais dont l’absence de pudeur lui a permis une petite carrière hollywoodienne à un pas chassé des sentiers battus. Ça fait plaisir de le retrouver en possession relative de ses capacités après l’effroyable 3 days to kill « sur une idée originale de Luc Besson » hashtag balance ton tueur de carrière. Plutôt con, pas très original, The Babysitter se regarde avec le plaisir à peine coupable des produits qui ont pour eux un enthousiasme parfois déplacé mais toujours communicatif. Son cœur est au bon endroit, palpitant dans une mare de sang.

Le Serpent aux mille coupures de Eric Valette

Défendu par le Chaos à sa sortie par le lieutenant-colonel Baptiste Liger, promu major suite à ses faits d’armes spectaculaires contre The Last Face de Sean Penn et A bras ouverts d’un mec qui ne PEUT PAS être raciste, l’adaptation de et par DOA signée Eric Valette ne souffre que d’être sortie 30 à 40 ans trop tard. Réminiscence teigneuse des drames campagnards réglés à coups de 22 long rifle, le film prend le risque de croiser les effluves les plus inattendues : Terence Yin et Stéphane Debac en binôme, Pascal Greggory en flic roué, Tomer Sisley dans une performance convaincante… Le Serpent aux mille coupures ne sauvera pas le polar français à lui tout seul, il lui donne en tout cas de beaux spasmes.

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About the Author

Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



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