CHAOS 2.0

Published on octobre 28th, 2017 | by François Cau

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CHAOSRAMA épisode 34

Nope, la sélection hebdomadaire des choses vues ne chroniquera pas Stranger Things saison 2. Elle a déjà eu vachement de mal à terminer la saison 1, si elle se force, ça va créer un vortex d’amertume qui rapportera quoi, 10 clics de plus ? Fuck that. Classons d’autres trucs vus du pire au meilleur.

The House de Andrew Jay Cohen

Jusqu’où peut mener l’amour de Will Ferrell et l’affection pour Amy Poehler ? Jusqu’à la vie, jusqu’à la mort, JUSQU’AU MEURTRE ? Pas nécessairement (quoique s’ils me le demandaient avec la bonne inflexion vocale rigolote…), mais au moins jusqu’à regarder des choses aussi médiocres que Daddy’s Home, Sisters ou Zoolander 2 en se forçant à y trouver de l’intérêt pour ne pas tomber dans une spirale de dégoût de soi, de haine du monde, de rancœur profonde et moite de ce que la société force ses meilleurs représentants à faire pour trouver le plus large dénominateur LOL commun. Car oui, c’est bien la société qui les contraint à tourner des films pourris, vous ne me ferez pas croire le contraire. Dans ce contexte de déni bien ancré dans la psyché, The House est une dose de méthadone offert à l’héroïnomane addict aux comédiens. Il y a un soupçon de mauvais esprit et trois running gags marrants (Will qui pousse Rachel, sa violence involontaire, Amy qui fume de la weed), c’est peu, c’est déjà ça.

South Park saison 21 épisodes 2 à 6

Les gars, la sanction ne peut QUE tomber. BAM, avant-dernier du Chaosrama de la semaine. Six épisodes et un seul de vraiment drôle ? Et en plus, celui qui lance le nouveau jeu vidéo ? J’ai envie de vous insulter, mais uniquement parce que je vous aime très, très fort. Tout le souci de cette nouvelle saison se condense dans les ratés de l’épisode 6 : du théoriquement passionnant, mais exécuté sans passion. L’arc narratif de Cartman avec sa petite amie promet beaucoup, cela dit, essayez de ne pas trop vous foirer.

I love you America épisodes 1 et 2

Dans un monde où les trois quarts des Late show américains en sont réduits à paraphraser l’actualité puis à faire des grimaces réprobatrices, Sarah Silverman, sweet, sweet Sarah Silverman a PEUT-ÊTRE trouvé le bon format : aller à la rencontre de l’électorat de Trump avec bienveillance en se moquant d’elle-même et essayer de trouver des points d’accord. Le format cartonne d’efficacité discursive dans le premier épisode, s’égare dans les facéties pas toujours bien dosées du second, il ouvre nonobstant une nouvelle voie intéressante dans le traitement humoristique US de la montagne Trump. ENFIN. A ce titre, voir aussi l’épisode Witches de Broad City, où Ilana se rend compte qu’elle n’a pas eu d’orgasme depuis le 8 novembre 2016.

Creep 2 de Patrick Brice

OMANDIEU une suite presque meilleure que l’original, toujours en fucking found footage, qui enrichit ses thématiques, creuse son univers de façon adroitement malaisante ? Mieux, qui arrive à surprendre au-delà de la vision assez troublante de Mark Duplass en full frontal ? Signe-moi dedans, coquin de sort, tant pis pour le petit ventre mou de dix minutes avant le climax.

Bushwick de Cary Murnion et Jonathan Milott

Les Fils de l’Homme continue d’accoucher de bâtards illégitimes plus ou moins convaincants, que l’influence se sente dans la mise en scène, la direction artistique, l’usage du plan séquence comme technique immersive dans l’action. Ici, c’est la totale, avec promotion sur la shock value qui surgit partout, tout le temps, dans un exercice de style tenu de manière plutôt impressionnante. Les réalisateurs se doutent que vous allez chercher les raccords invisibles dans leur faux plan unique, et ils en profitent pour vous balader sans retenue, vous maltraiter quand vous pensiez avoir tout vu. Les diables parviennent même à jouer avec habileté du fantasme de plus en plus répandu dans le cinéma bis US d’une nouvelle guerre civile. John Wick 2 et Atomic Blonde vous ont titillé ? Jetez donc un œil à cet outsider.

Envoyé Spécial, Révélation sur un crime d’état de Benoît Collombat et Bernard Nicolas

Le voilà, le thriller politique français que tout le monde attend, niché dans l’un des plus grands scandales de la Ve République, affaire toujours irrésolue dont on laisse les témoins clés crever de vieillesse les uns après les autres sur des motifs spécieux. A approximativement 120 coudées au-dessus du téléfilm avec François Berléand, ce reportage somme ne tourne pas autour du pot de la version officielle : Robert Boulin, ministre sous De Gaulle, Pompidou puis Giscard, homme d’état réputé pour son intégrité, a été assassiné. L’enquête part des circonstances troubles de la découverte du corps, de ses autopsies non moins troubles, dérive ensuite sur le contexte politique de la fin des années 1970, la construction de ce qui allait devenir la droite contemporaine. Barbouzes, crapules, Pasqua, Chirac, ils sont tous là dans ce feuilleton judiciaire révoltant, à découvrir de toute urgence, là, maintenant. Sérieusement, si vous ne connaissez rien de l’affaire, abandonnez tout ce que vous faites et regardez.

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Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



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