CHAOS 2.0

Published on octobre 21st, 2017 | by François Cau

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CHAOSRAMA épisode 33

Cette semaine, la sélection des sorties hebdomadaires a vu Mindhunter mais n’en parlera pas vu qu’elle n’a rien à dire de cette très jolie note d’intention de presque dix heures. Nonobstant, les entrées suivantes sont toujours classées de la pire à la meilleure.

AmeriGeddon de Mike Norris

Du revenge porn de l’administration Obama, quand la réalité de l’élection de Donny boy semblait encore loin, si loin. Le dur, très dur fantasme des «vrais» américains contre les traîtres à la nation qui viennent piquer leurs flingues et par la même occasion, leur liberté. Tourné par le fils de Chuck Norris, avec le présentateur conspirationniste dingo Alex Jones en caméo «de luxe», AmeriGeddon est en fait un simili-remake de L’Aube Rouge de John Milius mais avec un budget famélique et sans aucune forme de talent que ce soit. Ça cause démocratie cocardière et uh-merika entre deux gunfights mous. Apparemment, personne n’a prévenu la pauvre Dina Meyer que Starship Troopers était une satire.

The Arena de Andrey Volgin

Des petits malins sont allés voir un directeur artistique défoncé à la meth qui regarde en boucle une VHS du Doomsday de Neil Marshall, ils lui ont dit tiens, voilà 100 balles, fais-nous un truc ambiance saga Young Adult à la russe, un mix entre Hunger Games, Divergente et Dance Dance Revolution sur du dubstep. D’ailleurs, en parlant de Dance Dance Revolution, au lieu de continuer à vous parler de cette merde, laissez-moi vous recommander The FP de Jason Trost, une comédie post-apo redneck wigga avec un scénario de film sportif des années 1980, une mise en scène et une direction artistique des années 1990, et un humour à froid des années 2000. Vous en avez plus besoin que de ce produit à l’hygiène douteuse.

Security de Alain Desrochers

Non mais attendez, Ben Kingsley passe encore, tout le monde s’en branle depuis au moins 20 ans, mais depuis quand Antonio Banderas est coincé dans l’enfer du direct-to-video ??? Que s’est-il fucking passé Antonio, ils ont pris ta famille en otage, t’as voulu balancer Harvey Weinstein un peu trop tôt ? Parle Antonio, parle, arrête te donner en spectacle dans des actioners indigents tel un Liam Neeson refusant le passage du temps, ne nous force pas à détourner le regard de ta vieillesse pas encore naufragée, cligne une fois des yeux pour « tout va bien », 14 fois pour « sauvez-moi ».

The Oath de Baltasar Kormakur

Petite anomalie sympathique dans le landernau des réalisateurs expatriés à Hollywood par passion pour l’argent, Baltasar Kormakur, dit « la Balt’ », dit « la Korm’ » avait atteint le petit sommet de sa carrière américaine avec Everest AH AH AH AH putain je me dégoûte, il ne faudrait jamais écrire le matin dans le train pour Bordeaux. Anyway, voilà la Balt’ de retour en Islande pour un polar étrange, engourdi par les frimas hivernaux où il se filme en père de famille approximatif, amène de tirer sa fille de l’enfer de la drogue en se prenant des dérouillées par des dealers et en torturant des junkies. Ce faisant, la Korm’ livre ce qui restera sans nul doute la meilleure imitation de Colin Farrell de 2017 pour les 8 désespérés que ça pourrait intéresser.

Churchill de Jonathan Teplitzky

Brian Cox, ce trésor international d’origine écossaise contrôlée, honore solidement ce véhicule grabataire à sa gloire. Il fulmine avec joliesse, bougonne avec suffisamment d’entrain pour réveiller occasionnellement un film dont le climax se cantonne à une allocution radio, certes historique, mais mise en scène avec à peine moins de platitude que les précédents échanges dialogués en salons feutrés sans passion par des stagiaires Erasmus.

Annihilation de Patton Oswalt

Ça ne cause pas trop stand-up dans le Chaosrama et pour cause, Anthony Jezelnik a tellement atomisé le game avec Thoughts and Prayers qu’il ne reste plus que des cendres froides dans le ciel orangé de 2017. De fait, ce special de Patton Oswalt s’articule sur une construction limite mécanique : inévitable intro sur l’Amérique de Trump, un peu de crowd work, confessions intimes, sketch final, emballé c’est pesé et merci beaucoup. Pire : le spectateur averti redoute à peu près autant que le performer le moment où celui-ci va nécessairement évoquer son récent veuvage traumatique. Oswalt repousse, fait durer le crowd work, puis se jette finalement à l’eau. Et l’artiste tordu d’émotions brutes de se transcender, d’aligner justesse sur justesse, de coïncider le cataclysme intime avec le chaos extérieur dans un exercice d’écriture à distance idéale. Patton se permet même un ultime sketch ordurier, réminiscence de ses débuts de stand upper grivois, virage en drift au frein à main conclu d’une magnifique pirouette autorisée par le jury, sous le charme musqué de ce petit d’homme meurtri.

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Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



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