CHAOS 2.0

Published on octobre 7th, 2017 | by François Cau

0

CHAOSRAMA épisode 31

Vous la sentez cette délicieuse odeur de boîtiers condamnés à moisir au fond de bacs OCD pour les années à venir, jusqu’à la criminalisation de la matérialisation par un Ministre de la Culture post-post-post-Macroniste qui n’aura jamais vu une VHS de sa vie ? Bingo, c’est le Chaosrama de la semaine, avec de la sous-exploitation classée de la pire à la meilleure.  

Killing Hasselhoff de Darren Grant

C’est – 20 points direct pour le combo intro flash forward / freeze frame / réplique « Vous vous demandez sûrement comment je me suis retrouvé dans cette mouise ? Et bien revenons quelques jours en arrière ». – 20 points pour le 143e rôle de David Hasselhoff dans son propre rôle ironique. + 5 pour la présence de Jim Jefferies, + 15 pour celle de Rhys Darby, – 2 pour Jon Lovitz. – 25 pour le script qui se croit tellement cool et malin alors qu’il accuse deux décennies de retard. – 43 pour le tueur à gages gay et les consternantes vannes afférentes. Ça nous fait un Tutotal de – 90 points, si on avait le choix, on ne reverrait Killing Hasselhoff que si le sort de l’humanité en dépendait. Et encore.

Conspiracy de Michael Apted

Vous voyez ce film que vous gardez plusieurs mois dans votre disque dur, avec un titre tellement générique que ce pourrait être aussi bien un documentaire de la chaîne Planète qu’un Steven Seagal ou un album de Radiohead circa 2005 ? Avec un tel  manque d’identité artistique que quand vous le lancez, vous vous rendez compte que ça va faire 5 fois que vous voyez ces dix putains de premières minutes inodores, incolores, sans autre saveur que le charme à peine musqué de la queue de cheval de Noomi Rapace ? Bienvenue dans le dernier film de Michael Apted, immortel responsable de Le Monde ne suffit pas et Le Monde de Narnia 3, dans une commande à ce point en deçà des pires épisodes de Homeland que ça en ferait presque regretter les crises bipolaires de Claire Danes.

Les Insoumis de James Franco

Oh le vilain retitrage français pour millenials fans de Raquel Garrido. Cela dit, il colle plutôt bien au projet de James Franco, adaptation de Steinbeck en mode automatique où le tout Hollywood viendrait se payer son petit frisson d’extrême-gauchisme pour la cause, pour la résistance, pour la botay de l’engagement aux côtés de cette masse salariale qu’il comprend si bien, au fond. En attendant son infiniment plus prometteur The Disaster Artist, il faut se contenter de ce tract pétri de bonne inconscience de classe, dans la stricte veine de As I lay dying, son adaptation de Faulkner, avec un casting encore plus disproportionné. Featuring Selena Gomez en gréviste courage, Ed Harris en « radical » (c’est répété 5 fois, au cas où on le prenne pour un modéré), Robert Duvall en enkulay de patron de droite, Bryan Cranston en shériff, n’en jetez plus. Hey, Franckie Franco ? Tu sais ce qui aurait eu de la gueule ? Cette raclure de bidet rance de James Woods en briseur de grève. Tu serais sorti de ta zone de confort et au moins, on aurait rigolé.

Larguées de Jonathan Levine

D’un côté, ça fait plutôt du bien de voir une comédie américaine regardable, pas trop gênante, plutôt bien rythmée, avec quelques bons gags tirant le meilleur parti de son casting de tête insupportable. D’un autre côté, ce gaspillage de temps médiocre, pas assez incisif pour marquer quoi que ce soit en dehors du compte en banque des intéressés, n’est qu’une pièce à conviction de plus à verser au dossier sur la stagnation endémique de la comédie américaine dans un entredeux impersonnel. Triste. Déprimant, même.

Don’t kill it de Mike Mendez

Mike Mendez ! Mais si, Mike Mendez, le réalisateur du Couvent et sa scène d’intro prônant le démasticage de nonnes sur fond du sublime You don’t own me de Lesley Gore ! Du pas terrible mais entêtant Serial Killers en 1996, à discret contretemps de la mode du néo-polar ! Mais siiiiiiiiiiiiii, Mike Mendeeeeeez. Reconverti un temps en mercenaire pour SyFy avec Big Ass Spider et Lavantula, le voilà qui monte, l’air de rien, un petit étage vers le haut par l’ascenseur social de l’honneur semi retrouvé avec ce film d’horreur débilou à souhait, où Dolph Lundgren fait montre du même degré de balek-titude que dans King Rising 2 d’Uwe Boll. Il traîne sa carcasse fatiguée lance-filet à la main, essayant désespérément de capturer un démon passant de victime en victime dans des crises de mass murder hystériques et assez drôles avec leurs effets spéciaux outranciers façon Tom Savini bourré. Avec une bonne demi-heure de moins, le film n’aurait duré que 50 minutes mais aurait pu postuler au titre de Z de l’année.

Prevenge de Alice Lowe

A l’heure où le moindre film fantastique convenable ressemble à un miracle en soi, la tentation est grande de survendre la première réalisation d’Alice Lowe, actrice assez géniale vue notamment dans Touristes de Ben Wheatley. L’addition premier film + réalisatrice prometteuse + film fantastique à gros potentiel symbolique fonctionne quasiment toute seule, comme un papillon trimballé par le vent sans se douter qu’il va déclencher un tremblement de terre à Tokyo, le fils de pute. Trop bizarre pour attirer l’attention qu’elle mériterait, trop fragile pour convaincre totalement, cette œuvre bancale pourra néanmoins séduire le fan de genre disposé à sortir de sa routine, petit animal hélas devenu aussi rare que les propositions fantastiques un tant soit peu originales.

Spread the chaos


About the Author

Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑