CHAOS 2.0

Published on juin 24th, 2017 | by François Cau

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CHAOSRAMA épisode 28

Les sorties de la semaine ne la ramènent pas trop, toutes classées par ordre d’appréciation soient-elles.

John Wick 2 de Chad Stahelski

Sad Keanu sort de nouveau du bois pour engloutir nos péchés dans l’efficacité immédiate, dans l’investissement taiseux d’un homme emblématique au-delà-de-nos-différences, au-delà du bien et du mal cinématographique, au-delà de tout. Il repère les petites qualités de cette série B, les fait léviter autour de lui tandis que son corps quitte le sol. Il nous jauge, nous juge, nous gratifie de son regard triste à en chialer de repentance des larmes  de sang et de foutre délicatement mêlés. Les films John Wick sont beaucoup trop hypés pour ce qu’ils sont, les performances de Keanu pas assez.

Dans la forêt de Gilles Marchand

Une adaptation passable de la chanson de Lescop.

La 9e vie de Louis Drax de Alexandre Aja

Le fils de Stephen King avec Horns, du sous-Stephen King avec celui-ci, hey DIS DONC Alexandre Jean-Hedern Bartholomé Ivanovitch Aja, si tu arrêtais de tourner autour du pot, que tu posais tes bollocks dans la balance de la justice et que tu récupérais les droits de Revival de Stephen King pour en faire le film traumatisant qu’il mérite d’être, l’apogée de ta carrière que tu mérites itou, que nous nagions tous dans un océan de joie et de terreur pure ?

Arsenal de Steven C. Miller

Ce pourrait être l’un de ces thrillers bas de gamme, intrigue de polar sur fond de crise sociale avec ce côté mélo familial à même de troubler les programmateurs de festivals un petit quart d’heure en leur for intérieur avant de se rendre compte qu’il ne s’agit que d’un reflux gastrique. Mais pour une raison saugrenue, le réalisateur a demandé à Nicolas Cage d’y reprendre son personnage gênant de Deadfall, avec la même perruque, les mêmes lunettes de soleil, la même vista déglingo-embarrassante, et une prothèse nasale histoire d’en rajouter une couche. Sur une bonne vingtaine de minutes, ce tout petit cousin atone de Comancheria se mue un objet monstrueux, marqueur de ce besoin insatiable de Nicolas Cage de contaminer tout ce qu’il touche. Arsenal vire dans le gore déplacé, la folie mal contenue, le cabotinage atrocement mal digéré de l’icône déchue. Sur une bonne vingtaine de minutes, le monstre Cage renaît, pour notre plus grande horreur.

Headshot de Kimbo Stamboel et Timo Tjahjanto

Le seul intérêt de cet objet jamais reluisant, assez énervant dans sa complaisance crasse, même, réside dans sa réévaluation de l’intégrité des deux The Raid à la hausse, gémellité de casting oblige. Headshot s’enfonce au fil de son déroulé débilitant dans une représentation bêtement pornographique de la violence, où des acteurs consternants meublent mal entre deux scènes de tatanne pas très bien filmées, encore plus mal montées. Son goût trop prononcé pour la caméra tremblotante avant climax en fait l’équivalent du gonzo pour le cinéma d’action.

Seuls de David Moreau

Personne ne cherchait le chaînon manquant entre les séries Dead Landes, The Leftovers et la saga Divergente, et c’est pourtant ce que propose le dernier film de David Moreau, grand spécialiste des menaces invisibles insidieuses comme les enfants roumains de Ils et la goujaterie de Pierre Niney dans 20 ans d’écart. Faute de partis pris suffisamment convaincus, cette adaptation de bande dessinée rejoint la petite cohorte des films à la 3615 Code Père Noël, trop sombre pour son public cible, beaucoup trop juvénile pour ne serait-ce qu’effleurer quiconque au-delà de dix ans.

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Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



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