CHAOS 2.0

Published on juin 10th, 2017 | by François Cau

0

CHAOSRAMA épisode 26

Les sorties DVD de la semaine sont encore et toujours classées par ordre d’appréciation, ce qui, sur une notation assez basique sur 20, place le premier à 4,5 et le dernier à -52.

Assassin’s Creed de Justin Kurzel

Michael Fassbender qui beugle du Patsy Cline, suspendu dans les airs avec un regard de Sheitan tristoune, chaos ou pas chaos ? Non, juste gênant, à peu près autant que de voir les espoirs placés en Justin Kurzel devenir des mines anti-personnelles défectueuses dans cette adaptation nulle, non avenue, où tout le casting et l’équipe technique donnent l’impression d’en être rendus dix secondes avant la pleine réalisation de l’absurdité intrinsèque du projet.

Resident Evil : Chapitre Final de Paul W. S. Anderson

Alors déjà, dès le titre, mensonge, baliverne, FAKE NEWS puisque cette franchise à la durée de vie encore plus incompréhensible que les Fast & Furious (c’est dire) vient de se faire honorer, probablement dans une pièce mal éclairée, d’un reboot par des exécutifs soucieux de salir un peu plus leur conscience en participant à la lobotomie progressive des amateurs de films de genre. Pour l’heure, l’enthousiasme toujours un tantinet effrayant de Milla Jovovich ne peut pas faire grand-chose pour sauver cette ultime séquelle aux péripéties interchangeables, aux personnages chair à canon, aux zombies tellement bien caractérisés et ancrés dans le récit qu’ils pourraient être remplacés par des autruches mutantes – ça rajouterait au moins d’un peu d’originalité.

Kill’em all de Peter Malota

L’insondable tristesse avec laquelle Jean-Claude Van Damme se meut n’a d’égale, en Occident, que l’amour impossible… entre un homme… et une femme. Parce que son chassé-croisé gériatrique en hôpital va sans doute trop vite à son goût, le débutant Peter Malota tente de lui donner un supplément d’épaisseur en insistant maladroitement sur un background politique lié à l’ex-Yougoslavie. Peine perdue, jusque dans la barbe du pauvre Peter Stormare.

L’Histoire de l’amour de Radu Mihaileanu

Le plus navrant dans l’affaire, c’est que chaque scène transpire de la vista désespérément à l’ouest de Mihaileanu, de son sentiment qu’il est en train de réaliser le chef-d’œuvre qui fera de lui un cador, la crème de la crème, l’égal des plus grands truandeurs de récompenses internationales. Tu te mens à toi-même, Radu. Tu mens à ton public, au cinéma itself, au talent que d’aucuns ont cru deviner dans les ambitions un poil mieux canalisées de tes précédents films.

Passengers de Morten Tyldum

L’échec de ce film aux enjeux consternants tient pour grande partie au renversement éthique abominable auquel il confronte le spectateur. Soit le passager d’un vol interstellaire réveillé de son sommeil cryogénique un bon siècle trop tôt. En bon gros crevard impatient, il craque et provoque le réveil d’une petite jeune à son goût, en lui cachant bien évidemment la vérité. Ça aurait dû être un retournement de situation sombre au possible, et Chris Pratt un bad guy reconnu comme l’ordure qu’il est. Mais ici, merveille de l’égoïsme contemporain, ça devient une maladresse, limite touchante en fin de compte, oubliée quand le bellâtre risque sa vie pour se rattraper. Et Passengers de muter en une sorte de The Last Face de science-fiction, simple flirt contrarié entre deux top-models dans des décors aussi aseptisés que l’atroce bouillie rock FM balancée en générique de fin, comme une note d’intention sur le retour.

Beauté cachée de David Frankel

Merveille de l’égoïsme contemporain, bis. A ce stade, c’est même un peu « Ayn Rand écrit un mélo ». Soit Will Smith, en mode un peu relou pour ses collègues de board depuis qu’il a perdu sa fille. Non mais sérieusement, le mec fait tellement chier avec son deuil qu’il risque de couler la boîte ! En bouillonnante gestion de crise, ses trois partenaires font ce que tout ami ferait en telle situation : monter un mytho avec une troupe de théâtre, faire croire qu’il devient fou pour l’éjecter du CA – et tant pis pour les séquelles psychologiques, le mec n’a qu’à faire un peu plus attention aux dividendes de ses bros. Sous-joué, écrit par un preneur d’otage même pas repenti et filmé de façon quasi élégiaque par un type qui veut sûrement qu’on l’appelle « Capra » pendant le sexe, Beauté cachée, avec le recul, fut sans doute le film le plus dégueulasse de 2016.

PartagezShare on Facebook0Tweet about this on TwitterShare on Tumblr0Pin on Pinterest0Share on Google+0Email this to someone


About the Author

Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑