CHAOS 2.0

Published on avril 1st, 2017 | by François Cau

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CHAOSRAMA épisode 21

Attention, la sélection-de-la-semaine-classée-par-ordre-d’appréciation peut désormais boire de l’alcool aux USA et conduire tout type de véhicule, y compris des tractopelles. Filles, planquez vos mères.

Sherlock saison 4

La malédiction de l’épisode 2 se lève enfin : le premier est le pire (peut-être de toute la série) et le second renoue avec la virtuosité m’as-tu-vu de Mark Gatiss et Stephen Moffat, un rien trop conscients d’être dans leur meilleure heure. La paire ne s’épanouit finalement jamais aussi bien que quand elle se projette dans un grand méchant pour soumettre ses héros à la torture. D’où, probablement, le retour au final totalement inutile de Moriarty, sagouinement teasé depuis maintenant TROIS ANS POUR RIEN VOS MERES LES ELECTRICES DE THATCHER, en renfort d’un boss final qui aurait sans doute gagné à être amené plus tôt. La conclusion proposée est-elle satisfaisante ? Pas vraiment. La série nous a-t-elle habitués à un tel niveau d’excellence que nous sommes devenus des animaux beaucoup trop sophistiqués pour notre propre bien ? C’est possible.

Doctor Strange de Scott Derrickson

Pour savoir ce qui distingue le 62 343e film Marvel des autres histoires de surhomme arrogant contre un grand rayon laser destructeur venu du ciel, quatre choses : Benedict Cumberbatch, des effets spéciaux rigolos, Scott Adkins en méchant garçon tatanneur et le léger orgasmounet quand les trois sont réunis.

Mr Wolff de Gavin O’Connor

Tout du long de ce polar très étrange, assez dur à suivre du fait de son paradoxe irréconciliable entre un script foutraque et une réalisation atone, la brebis égarée cherche en vain ce qui fit l’incompréhensible sève de Warrior, précédente réalisation de Gavin O’Connor, mélodrame hardcore sur fond de MMA dont aucun énième visionnage de trop ne saurait avoir raison du charme indéfinissable. La réponse se trouve peut-être dans la cruelle absence d’alchimie entre Anna Kendrick et Ben Affleck. Ou pas. Au bout de deux heures, plus rien n’a de sens.

Inferno de Ron Howard

Les théories du complot sont-elles solubles dans la culture pop ? Première étape, la compilation feuilletonnante bon teint pour plagistes signée Dan Brown. Round 2, la synthèse scénaristique approximative par ce tocard en déshérence de David Koepp. Enfin, le coup de polish final par Ron Howard, le non-auteur prolifique au style le plus anonyme qu’Hollywood ait jamais connu. Bien moins stimulante que la série Utopia sur un ressort dramatique similaire, cette bouse distrayante grâce à la coiffure de Tom Hanks s’avère en sus aussi capillotractée et potentiellement dangereuse qu’une enquête amateur sur le #pizzagate.

La Folle histoire de Max et Léon de Jonathan Barré

Grande nouveauté française, le blockbuster comique avec une direction artistique de malade, une belle facture de mise en scène, un casting raisonnablement dingue mais sans réels gags, si ce n’est du réchauffé 14 fois au sortir de la chaîne du froid. La team braconne ostensiblement sur les terres des OSS 117 sans en avoir la rigueur scénaristique ou la saveur comique, et se retrouve à regarder dans le vide, un peu gênée d’avoir fait tout ce chemin pour si peu.

Les Têtes de l’emploi de Franck Magnier et Alexandre Charlot

Toute petite nouveauté française qui ne devrait pas durer vue l’ambiance réactionnaire post-Hollande par anticipation qui règne dans le landernau rigolo, la comédie avec vague arrière-fond social pour justifier la pauvreté de sa mise en scène – le gris et le moche, ça fait de gauche, c’est bien connu. Il paraît que Jérémy Ferrari se serait fait saloper son script de départ par Dubosc et ses hommes de main. Possible. Who cares, à part son banquier ?

Ma famille t’adore déjà de Jérôme Commandeur

Pas du tout une nouveauté française, la comédie bâtie sur le choc des cultures en belle-famille, ici l’inventeur doux rêveur chômeur contre les connards de riches plaisanciers sur l’île de Ré. Lhermitte jubile de méchanceté mal écrite, Commandeur prend sur lui comme un chef trop heureux d’avoir intégré le cinéma français, Arthur Dupont donne la permanente impression de vivre un bizutage beaucoup trop pénible. La comédie française des années 2010, ce long hiver sec.

Romain Lévy et Alain Attal défendent Gangsterdam chez Yann Barthès

Bah alors les gars, on se paie une suée devant les résultats décevants de votre prod’ à 13 millions d’euros ? On a peur de ne pas pouvoir produire le prochain Canet ? On accuse les méchants, méchants critiques de racisme tout ça parce qu’ils ont l’affront de ne pas trouver drôles vos blagues de sagouins branleurs qui se rêvent Judd Apatow et ne sont même pas Adam Sandler ? On pratique la défense Hanouna « Rho ça va c’est de l’humour, la preuve, les comédiens grimacent » ? Toute société a les trublions qu’elle mérite, certes. C’est sans doute trop demander à ces derniers que d’avoir l’aisance intellectuelle d’accepter d’envisager, du haut de leur superbe, que la finesse de leur humour tellement poil-à-gratter ne soit pas immédiatement adulée de tous. Que les choses soient claires : vous avez tout à fait le droit de rire de tout. Nous avons encore plus le droit de penser que vous le faites mal, surtout au regard de votre défense absurde de pauvres petits créateurs offensés. Trey Parker et Matt Stone n’auraient jamais défendu un épisode de South Park avec autant de morgue et de suffisance, tout en se victimisant entre deux tics un peu trop nerveux. Les deux OSS 117, autrement plus gratinés, n’ont jamais eu à subir l’opprobre. Pourquoi ? Parce que les films, grâce à un conséquent boulot d’écriture, de coordination des énergies, de mise en scène, de direction d’acteurs, d’équilibre et, osons le gros mot, de talent, ne sauraient souffrir d’aucune équivoque. Aujourd’hui encore, à l’heure de la « dictature » de façade des Social Justice Warriors, personne n’a honte d’en citer les répliques. Rendez-vous dans dix ans, pour voir ce qu’il en est de votre graine de film culte.

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Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



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