CHAOS 2.0

Published on mars 4th, 2017 | by François Cau

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CHAOSRAMA épisode 18

Dans le 18e épisode de la série Maguy, les époux Boissier découvrent non sans stupéfaction que l’ex-femme de Georges est à la colle avec l’oncle de Maguy. Rien à voir, donc, avec cette sélection des sorties DVD de la semaine, classées par ordre d’appréciation.

Don Verdean de Jared Hess

Jared Hess, très vaguement connu en France pour Napoleon Dynamite et Nacho Libre, n’est pas le « meilleur secret gardé d’Hollywood ». Déjà, parce que cette expression vient d’être abattue d’une balle dans la nuque en pleine rue sous les applaudissements des passants, ensuite parce que le bonhomme déploie tout de même un univers très particulier, quelque part entre les frères Coen d’Arizona Junior et un Wes Anderson de l’Amérique d’en bas. Ses personnages rivalisent de freakserie veule, de mesquinerie touchante, dans des contes de rédemption de franches coudées thématiques et esthétiques au-dessus d’un simple décalage de convenance. Successeur tardif du génial mais pas facile Gentlemen Broncos, Don Verdean nage de prime abord dans les mêmes eaux de lose flamboyante, avant de surprendre par sa prise d’assaut audacieuse de la question religieuse et la justesse du traitement de son personnage principal. Sam Rockwell, martyr silencieux d’une filmographie indigne de son talent, trouve enfin un rôle à la mesure de sa somptueuse finesse.

Don’t breathe de Fede Alvarez

La hype a en partie raison. Oui, les deux premiers tiers confirment la tendresse lascive que les amateurs d’horreur sont en droit de ressentir pour l’efficacité indéniable de Fede Alvarez. Un remake thuné d’Evil Dead avec des ados ? Un huis clos angoissant de ouf avec un boogeyman aveugle ? Le gars Fede semble capable de tout… sauf de boucler un dernier acte convaincant. La révélation du pot-aux-roses précipite tout droit dans le grotesque le plus achevé jusqu’à contaminer la mise en scène et le jeu des comédiens, pourtant de très bonne tenue avant cette bascule, dramatique dans tous les sens du terme. A trop vouloir laisser le spectateur sous le choc, Alvarez pousse tous les mauvais curseurs dans le rouge et conclut sur une note vaseuse.

Les Trolls de Mike Mitchell et Walt Dohrn

Dans le bilan  de l’année 2016 sur votre site d’amour partagé à plusieurs dans une douce harmonie, Roger Avary citait ce dessin animé comme son œuvre chaos des douze mois écoulés, sous l’étiquette intrigante de « film pour enfants le plus fabuleusement gay des films pour enfants ». Après avoir perdu un dixième à chaque oeil et à chaque oreille, nous tenons la preuve éclatante que Roger se drogue toujours, vraisemblablement à un savant mélange de LSD et de MDMA sur des sucres imbibés d’Absinthe. Qui sommes-nous pour le juger ?

Mal de Pierres de Nicole Garcia

Beau drame d’époque, rien à redire, du travail de professionnelle sachant coacher son équipe. Ça ronronne, ça bourdonne de plus en plus lointainement, ça stagne sur place. Academy award winner Marion Cotillard attend une réponse de son amant. Son mari revient avec un paquet de lettres revenues à expéditeur et OHLALA LE BEAU GESTE TECHNIQUE c’est un superbe jeter de Marion Cotillard dans la mer accompagné de cris de douleur. Regardez-la chercher sa nomination aux Césars avec les dents, c’est sans aucun doute l’un de ces très beaux moments qui font la joie des bookmakers et le manque d’inspiration de Guillaume Canet.

Deepwater de Peter Berg

De toute la force de ses gros poings serrés SO virilement, Peter Berg tente de transformer Mark Wahlberg en working class hero de l’Amérique putain ouais. Le type normal, balancé dans une situation extraordinaire, inévitablement à la hauteur de la tâche y compris en territoire hostile, y compris face à l’irresponsabilité des patrons félons avides de pognon au détriment de la sécurité des honnêtes employés #OhTheIrony. Bah alors Peter, on se rachète une virginité pour faire oublier Battleship ? C’est pas gagné. Plus que Marky Mark, c’est la performance de John Malkovich en enfoiré qui éveille la concupiscence dans le regard du cinéphile coquinou rongé par le mal. Pour le reste, joli cours magistral, un peu bruyant quand même, sur le fonctionnement d’une plateforme pétrolière.

Death Race 2050 de G.J. Echternkamp

Il aura fallu attendre le quatrième reboot / remake du génial La Course à la Mort de l’An 2000 pour que le producteur / pimp de la licence, Roger Corman, daigne enfin concéder que le discours politique offensif du classique de Paul Bartel participait un peu plus qu’à un charme post-hippie pour ses nombreux fans. La gagneuse assignée à la passe, G.J Echternkamp, grille son semblant de carrière en accouchant d’un remake passablement idiot, un update pénible à regarder de par sa démolition cheapos de l’original, pleine de gerbes de sang numérique, de fausses bonnes idées (l’option co-pilote en VR) et de contre-performances gênantes.

Taken, pilote de la série

Comment rendre une série de films déjà bien débiles encore plus honteuse pour son adaptation télévisuelle ? Remplacez le seul acteur charismatique par une armoire à glace dotée de l’expressivité faciale d’un donut en train de fondre. Exacerbez sa paranoïa de façon ridicule et surtout, donnez-lui raison de vouloir tabasser le moindre type un peu mal rasé. N’oubliez pas des dialogues que même Luc Besson aurait eu honte d’écrire (« It’s Koch with a « K » » AH AH AH AH AH putain achevez-moi), et à vous le public familial sous anxiolytiques.

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Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



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