Carré Rose

Published on février 9th, 2017 | by Jeremie Marchetti

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CARRÉ ROSE. NEON NIGHTS. Cecil Howard, 1981

Vite vite, c’est l’aube des 80’s, le cinéma porno se meurt, la vidéo arrive. Plus simple, plus rapide, plus tout. Moins soigné aussi, et donc moins cinématographique. Moins chaos aussi ? Un peu, on l’avoue. Ce qui n’a pas empêché durant cette période de voir des talents comme Francis Delia aka Rinse Dreams débarquer l’air de rien. Pas vraiment dans la même veine weirdo, Cecil Howard s’est plutôt fait un nom avec des films bien emballés, du genre quatre étoiles du Q à ravir les obsédés un peu exigeants. Très bel exemple que ce Neon Nights qui, on vous le dit tout de suite histoire de ne pas faire fausse route, ne se passe pas du tout la nuit, et encore moins à la lumière des néons. SKANDAL. Mais attention, c’est très chouette quand même.

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Petite choupette sexuellement active, Sandy écoute pour s’endormir sa daronne se faire limer le mont de Venus le soir venu. Dans la scène d’intro, la maman gourmande se fait déchirer la culotte, accueille un doigt, puis deux, puis trois puis la main entière, alors que sa fifille découvre les plaisirs solitaires de l’autre côté du mur. Dans le genre entrée en matière sidérante, voilà, on y est.
Séduite par le nouvel amant de sa mère, Sandy doit fuir à travers champs pour ne pas subir le courroux maternel. Sur sa route, elle rencontrera un curieux bonhomme doué de pouvoirs magiques, entre autres. Bref autant dire que ce n’est tant le scénario de Neon Nights qui stimule, mais sa manière de mettre en scène le sexe et ce qu’il y a autour. Un beau représentant du mélange de légèreté et de fantaisie du porno alors, où chaque élément (chaque objet, chaque décor, chaque papier peint) ouvrait la voie à de nouvelles sensations. Une piscine à l’eau bleu d’enfer, un boudoir de maison de poupées rose bonbon, une immense fenêtre quadrillée, une brosse à cheveux transparente (qui se met là où ça fait du bien), une chambre multicolore, de la peinture rouge sur un phallus et un déshabillé violet… Coquetterie des yeux aujourd’hui évaporée du genre. Le dernier quart d’heure s’autorise le feu d’artifices habituel, avec projection astrale, fantasmes assouvies, réminiscence œdipienne, brume onirique. Aller au bout de la jouissance, comme toujours. C’était bien.

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Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



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