Carré Rose through

Published on janvier 7th, 2017 | by Jeremie Marchetti

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CARRÉ ROSE. FEMME OU DÉMON. Jonas Middleton, 1976

femmeoudemonEt si les meilleurs films pornos des 70’s n’étaient pas les plus joyeux? Car derrière l’hédonisme galopant, Thanatos tout puissant ne cesse de roder. Normal donc que l’épouvante s’invite à la fête, même si en réalité, c’est plutôt du côté de l’Italie que le Hard s’invitera avec l’horreur, elle aussi avec un grand H. Rejeton évident de l’indispensable Devil in Miss Jones, Through the looking glass fait valser lui aussi petit mort et fantasmes troubles.

Derrière ce titre, point d’Alice, mais Catherine pourrait en être son pendant adulte, fagotée comme une poupée sortie de sa boite. Bourgeoise précieuse, intouchable, même par son mari. Dans son manoir, elle s’ennuie. Une bourgeoise qui s’ennuie n’est pas vraiment une bourgeoise. Et frustrée avec ça. Secrète. Candidate parfaite. Quand elle pousse la porte du grenier, un miroir lui fait tourner les sens. Plutôt que de l’a jouer «bourgeoise nymphomane», Through the looking glass explore aussi bien les désirs que les failles de son héroïne, hantée par un Œdipe qui n’a pas fait les choses à moitié. Dans une longue scène éprouvante, elle revoit son moi adolescente, bafouée par un père libidineux. Mi diable lubrique, mi naughty daddy, le mythique Jamie Gillis explore et toujours sa face sombre, lui qui fut tour à tour châtelain sm, tueur/violeur ou nécrophile durant tout un âge d’or du X finalement pas si lumineux.

throuhhTout le métrage de Jonas Middleton (dont il s’agira du dernier film) jongle entre grotesque (les partouzes felliniennes) et terreur, hanté par des comédiens totalement investis d’un bout à l’autre. L’inattendu, l’audace, c’était ça aussi le grand porn: alors que son héroïne est possédée, au sens propre comme au figuré, la caméra s’attarde sur les organes génitaux, y pénètre et s’enfonce dans ce qu’on devine être un sacré stock shot médical! Dans un climax rougeoyant, la belle Catherine se perd en Enfers et y restera comme sa cousine Miss Jones, ici dans une atmosphère de dépravations absolue.

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Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



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