Carré Rose

Published on août 29th, 2017 | by Jeremie Marchetti

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CARRÉ ROSE. DAYDREAM. Tetsuji Takechi, 1981

Si Daydream premier du nom réalisé en 1964 fut considéré comme le premier pinku eiga, Daydream version 1981 sera le premier vrai porno japonais, sauf si naturellement on s’amuse à prendre en compte L’empire des sens de Nagisa Oshima (1976). Les grandes lignes restent, le réalisateur aussi, à la limite de la redite mais réactivant le trouble de son modèle avec d’autres moyens.

Comme dans son aîné, une séance chez le dentiste se transforme en rituel sensuel, où l’épreuve pour les nerfs (insistante sur les bruits de roulettes ou d’instruments grattant les dents immaculées) devient celle des sens. L’eau s’écoule en jet sur la bouche, les doigts caressent les lèvres, s’introduisent. Plus tard, une pâte blanche vient s’étaler onctueusement sur la patiente. Puis soudain la dégringolade. Un vampire acharné, un témoin impuissant, une donzelle en détresse: tout est là. À l’expressionnisme ténébreux du précédent opus, Tetsuji Takechi lui préfère les néons du Tokyo interlope, les galeries marchandes désertes, les boutiques délaissées, comme un hurlement kitsch qu’on voudrait étouffer.

On retrouve cette scène incroyable de l’escalator choppé à l’envers, la victime nue comme un ver prête à être croquée par un Dracula de pacotille, mais cette fois dans un décor nimbé de néons. De nouvelles visions folles et radicales qui prouvent que Takechi en avait encore dans le ventre, comme ce train fantôme lubrique ou – idée du siècle – ce lavage érotique au car wash où la mousse fouette voluptueusement une nymphe ravie. On gagne en scènes gores et spectaculaires, comme avec cette scène (déjà présente dans l’original) où l’héroïne saignée en place publique traîne sa carcasse dans l’eau d’une fontaine et sur le carrelage d’un shopping mall témoin. Porn oblige, Daydream se réserve aussi quelques scènes pornos hélas moins imaginatives, sans doute ici pour justifier la transition vers une nouvelle époque. Rinse Dreams n’était pas loin.

En 1987, Day Dream 2 repart de plus belle, avec cette fois des succubes en place du vampire de carnaval. Nettement axé fesse, Tetsuji Takechi fait gagner en chair ce qu’il perd en trouble: trop peu de saillies oniriques, et plus de saillies tout court. Quoiqu’il en soit, voilà des objets non identifiées qu’on ne risque hélas plus de revoir dans le circuit X actuel.

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Cinéphile déviant, obsédé notoire et italo-disco boy



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