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Published on mai 17th, 2017 | by CHAOS REIGNS

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#CANNES2017 – GAZETTE CHAOS DU FESTIVAL / JOUR 1: «PETIT NONO»

La rédaction CHAOS raconte son Festival de Cannes. JOUR 1: Almodovar OKLM, Netflix et Nono en petite forme.

JOUR 1. MARDI 16 MAI 2017
Oui, le 70e Festival de Cannes se profile comme une édition «chaos». Le vacarme de la Présidentielle a beau avoir été épuisant avec ses nombreux rebondissements feuilletonnesques, il faut être sourd pour ne pas avoir eu vent des tensions que cette édition sécrète déjà all around the world. On peut mesurer ce degré d’inquiétude et de tension au simple bras de fer ayant opposé l’imposante plateforme américaine de vidéos en ligne (Netflix) et le plus grand Festival de cinéma au monde (Cannes donc), alimentant toutes les gazettes depuis quelques semaines. Ce dossier nouveau et sensible a très clairement «perturbé» la présence de deux films fort heureusement maintenus en compétition: Okja de Bong Joon Ho et The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach.

Les rumeurs étaient tenaces. Bien qu’un peu tardive à l’heure des réseaux sociaux où tout s’embrase violemment en deux heures pour un simple micro-buzz avant de finir aux oubliettes virtuelles, une réponse du Festival de Cannes a éteint l’incendie (et les angoisses existentielles des festivaliers) dans un communiqué de presse lapidaire mais de mauvais poil. Ça peut se comprendre: si Okja remporte la Palme d’or des mains de Pedro Almodovar et de son jury, les spectateurs français ne pourront pas le découvrir dans une salle de cinéma et devront ainsi se faire téléspectateurs abonnés pour le découvrir. Faut-il s’inquiéter de telles pratiques ou les accepter, résignés, comme on accepte les succès de Joséphine Ange Gardien sur TF1?

On l’a évoqué à plusieurs reprises: au centre du débat, figure cette réglementation concernant les fenêtres de diffusion des films sur les différents supports, pour laquelle une solution rapide et claire serait bienvenue. Les échanges impétueux entre Vincent Maraval (Wild Bunch) et Jean Labadie (Le Pacte) sur Twitter démontrent que la manière dont Netflix est venu bousculer nos repères fait réagir et incite à tout se balancer à la figure, sans filtre. C’est bien, c’est sain, le chaos se rangera du côté du premier lorsqu’il assure que l’imbroglio Netflix n’est qu’une «évolution naturelle», notamment pour un cinéma indépendant – tout comme un cinéma «chaos», singulier et farouche – que nous aimons tant et que l’on ne voit hélas de moins en moins «accessible».

Vu le nombre d’inédits géniaux qui ne bénéficient pas de sortie (sous prétexte de faible rentabilité) et la complaisance avec laquelle sont tolérés les block-busters comme les grosses comédies made in France dans nos chères salles hexagonales, il n’est pas interdit d’avoir envie de se bouger le cul pour trouver des alternatives. On serait par ailleurs inspiré de regarder ce qui se passe outre-atlantique et de s’inspirer par exemple du modèle de la société de distribution et production A24 qui défend avec pugnacité le cinéma indépendant qu’elle aime et vient d’ailleurs sur la Croisette soutenir un projet excitant: Good Time, thriller de Benny et Josh Safdie avec Robert Pattinson en braqueur blond peroxydé.

On oublie aussi une autre donnée, majeure. En dix ans, les Torrent, les sites de streaming, les films fragmentés sur YouTube et le speed-watching sont passés par là, accélérant et engendrant de nouveaux modes de consommation d’images, ne laissant plus le temps au temps. Est-ce que l’on pense simplement à la manière dont ceux qui sont nés avec Internet regardent les films aujourd’hui? Différemment de ceux qui ont connu l’ennui des décennies précédentes, certes. Avant, on s’engueulait sur la qualité des films à coup de piques acerbes et d’étoiles enflammées; aujourd’hui, si on continue cette pratique un peu désuète, on se dispute désormais sur la manière dont ces films vont être montrés demain. Ce qui subsiste, en réalité, c’est la nécessité de l’ouvrir maintenant pour demain et, en un sens, c’est tant mieux.

Quand il ne joue pas du piano, notre ami Baptiste Liger voit des films. Et il a vu Les Fantômes d’Ismaël, de Arnaud Desplechin, le film d’ouverture de ce 70e Festival de Cannes projeté à la presse internationale mercredi matin et aux costards-cravatés le soir, le temps d’une montée de marches que l’on imagine épique avec Gainsbourg, Cotillard et Amalric. Quand on demande à notre cher Baptiste ce qu’il en a pensé vite fait, sa réponse est simple comme bonjour: «c’est un petit Nono». Pas de quoi hurler à l’opprobre au sujet de son absence dans une compétition qui compte des auteurs aussi précieux que Todd Haynes, Bong Joon Ho, Noah Baumbach. Des auteurs dont nous avons défendu les précédents travaux et que nous sommes très heureux de tous retrouver en compétition, qu’ils travaillent pour Netflix, Amazon ou Tartempion

… Heureux comme Crésus ou comme Almodovar, pris en photo par son frère Agustin. Dont une, collector, OKLM.

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