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Published on avril 10th, 2017 | by CHAOS REIGNS

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CANNES 2017 : LES JOURNALISTES BALANCENT LEUR FESTIVAL CHAOS #04

Une 70e édition, ça se fête! Le CHAOS a demandé à plusieurs journalistes de raconter leur(s) moment(s) le(s) plus chaos au FESTIVAL DE CANNES. Quatrième round avec LEO SOESANTO, FERNAND GARCIA, HENDY BICAISE et FILMLANDEMPIRE.

LÉO SOESANTO
«J’étais trop jeune pour croiser à Cannes dans les années 80 Menahem Golan et Yoram Globus, les nababs so chaos du studio Cannon (Delta Force, American Ninja, Le Justicier de New York, Love Streams…): l’époque où ils y annonçaient à renfort de panneaux et pages achetées dans les magazines pro des films qui ne se feraient pas ou en pré-vendaient d’autres sur la seule foi de leurs affiches et casting. En mai 2014, je rattrape donc le temps perdu lorsque Mémé et Yoyo descendent à Cannes pour faire la promo de The Go-Go Boys, le documentaire que la cinéaste Hilla Medalia leur consacre. L’esprit Cannon est un peu de la partie avec le casting de The Expendables 3 en plein défilé militaire sur la Croisette. J’interviewe Golan et Globus. Golan, diminué par la maladie, parle peu. Globus fait bien le service après-vente, se rappelle en riant comment ils se sont fait artistiquement flouer par Godard (le légendaire et ineffable King Lear, que JLG a tourné pour eux sur la foi d’un contrat signé sur une nappe) et Cassavetes (qui rajoute quinze minutes au montage de Love Streams lorsque Golan et Globus lui demandent d’en ôter quinze). Et à la fin de l’interview, Golan se réveille — aussi sûrement que lorsque Chuck Norris surgit au ralenti hors de l’eau dans Portés Disparus pour trucider les vietnamiens qui le croyaient mort. Il me dit lentement: «vous serez à Cannes en 2015? Alors, notez ce titre: «LE GRAND FESTIVAL». Je ferai ce film. Ça se passe pendant la Seconde Guerre Mondiale, pendant un festival de cinéma à Baden-Baden. On raflera tous les prix! » Menahem Golan mourut quelques mois après.»

FERNAND GARCIA
«1989, mon premier festival, la compétition s’était terminée dans la soirée. La nuit était douce et étoilée. Bon nombre de festivaliers étaient partis dès la fin du marché du film quelques jours auparavant. Je me suis retrouvé à prendre un verre avec un producteur de films sportifs dans l’ancien Majestic. Nous étions à une table au bord de la piscine. L’endroit était désert. Alors que nous parlions de choses et d’autres, nous avons vu arriver Wim Wenders, passablement éméché, suivi de Solveig Dommartin et de Peter Handke. Wenders zigzaguait entre les tables d’un pas mal assuré. Notre angoisse était qu’il vienne s’effondrer sur la nôtre. Par bonheur, il s’est assis à une table de nous, rejoint par ses deux compagnons. Wenders était le président du jury et Peter Handke en était membre. Handke a sorti ses notes. Tandis que le grand dramaturge passa en revue les films de la compétition, Jim Jarmusch est apparu dans l’entrée. Il est resté là à attendre. Solveig Dommartin l’a vue et a dit quelques mots à Wenders. Handke a posé ses notes. La discussion s’est poursuivie. Puis, la funambule des Ailes du désir s’est levée et d’une démarche gracieuse a rejoint Jarmusch. Elle est restée un moment avec lui. Les jeux étaient faits? Jarmusch est reparti aussi discrètement qu’il était arrivé avec classe et élégance. Solveig est revenue à table. Handke avait rangé ses notes. Wenders s’est levé dans le même état qu’à son arrivé, et le trio est reparti. Quelques heures plus tard, Sexe, mensonge et vidéo, premier film d’un jeune cinéaste américain Steven Soderbergh décrochait la Palme d’or, Jarmusch – un lot de consolation, le prix de la meilleure contribution artistique pour Mystery Train

HENDY BICAISE
«La projection de Enter the Void de Gaspar Noé. A quelques minutes de la fin du film, il y a cette scène à propos de laquelle la rumeur enflait sur la Croisette depuis quelques jours, mais dont on ne parvenait pas encore à prendre toute la mesure : un chibre énorme, en synthèse, en relief, entame un va-et-vient et pénètre alors intensément la salle Debussy. Tout juste si l’urètre ne se met pas à parler comme dans Bruno de Sacha Baron Cohen. Ca hurle, ça siffle, ça insulte Noé, certainement tout excité, et ça se lève, ça se balade dans les allées. D’autres applaudissent évidemment. Tout ça, c’est limpide… mais il y aussi ce détail typiquement cannois, le souvenir dont on ne sait plus trop s’il est fantasmé ou non: comme quand Gérard Lefort raconte dans le documentaire Je t’aime… moi non plus qu’il a rêvé des scènes entières d’un film de Tarkovski qui n’étaient finalement pas dedans, je ne saurais pas dire si les lumières de la salle se sont véritablement rallumées pendant cette séquence et le capharnaüm occasionné, mais je m’en souviens comme ça en tout cas, et forcément dans mon esprit ça ajoute encore au déraillement merveilleusement chaos du moment.»

FILMLANDEMPIRE
«Deux souvenirs chaos.
Le premier: Abel Ferrara qui débarque ivre mort sur le tapis rouge pour la projection de gala de son Body Snatchers en 1993 au Théâtre Lumière. Isabelle Giordano essaie de l’interviewer non sans mal. Plus tard, pendant la projection, Ferrara s’est mis à hurler.
Le second: la projection de minuit de Maniac dans la grande salle Lumière en 2012: l’ultra violence, le côté film d’horreur 80’s urbain crado et la bande son électro qui tranchaient complètement avec le cadre glamour du festival, ce fut très chaos aussi…»

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