Story

Published on octobre 2nd, 2017 | by CHAOS REIGNS

0

BLADE RUNNER STORY

A sa sortie en salles en 1982, BLADE RUNNER de Ridley Scott, avec Harrison Ford en chasseur de réplicants, fut un échec commercial cinglant. Aujourd’hui, il s’agit d’une œuvre mythique, donnant lieu à une suite avec Ryan Gosling: le beau nommé BLADE RUNNER 2049. STORY CHAOS

BLADE RUNNER VU PAR…

GÉRARD DELORME, journaliste
«L’aspect formel, au fil des visions, a imposé cette idée d’un film charnière.» [Lire son texte]

JEREMY FEL, écrivain
«Blade Runner est avant tout un grand film d’ambiances, et c’est bien son atmosphère mystérieuse, ces scènes urbaines fascinantes qui me sont restées en mémoire à la façon d’un rêve particulièrement prégnant.» [Lire son texte]

ALEX MASSON, journaliste
«Blade Runner n’est pas un film mais un implant dans ma cinéphilie adolescente, boucle à la durée de vie éternelle.» [Lire son texte]

FERNAND GARCIA, journaliste
«Je suis resté de marbre face au film, certainement à cause de l’esthétique très pub de Ridley Scott.» [Lire son texte]

CHRISTOPHE LEMAIRE, journaliste
«Quand je pense à Blade Runner 1, je pense surtout à l’UGC Normandie ou j’ai découvert bien d’autres films qui m’ont nettement fait plus kiffé.» [Lire son texte]

SYLVAIN PERRET, journaliste
«Blade Runner demeure pour moi un sempiternel rendez-vous manqué.» [Lire son texte]

Pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi des générations entières de spectateurs attendent comme le messie Blade Runner 2049 (en salles le 4 octobre), il faut, pour tout comprendre, revenir aux sources. Au moment de la sortie du premier Blade Runner, en 1982, et replonger dans ce cauchemar futuriste fantasmant à quoi allait ressembler notre monde en 2019.
Trois ans seulement après avoir réussi l’un des plus grands films de science-fiction de l’histoire (Alien – le huitième passager), Ridley Scott signait en 1982 un autre film phénomène: Blade Runner, l’adaptation du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques? de Philip K. Dick. Réfugiée dans un gratte-ciel pyramidal, symbole d’une tour d’ivoire, la Tyrell Corporation dirige de sa poigne Los Angeles, cité des anges déchus, à l’architecture baroque, où grouillait la misère du monde. Bref, c’était (déjà) la fin du rêve américain. Dans cet univers futuriste, les taches les plus ingrates étaient confiées aux réplicants, robots génétiques perfectionnés qui a priori ne pouvaient pas ressentir comme les humains et qui avaient en moyenne une durée de vie égale à quatre ans. Un Blade Runner, flic chasseur de robots (Harrison Ford, en pleine époque Han Solo et Indiana Jones), était chargé de traquer quatre dangereux cas baptisés Nexus 6, déclarés hors-la-loi.
Ainsi, le spectateur des années 80 assistait, dans des décors somptueux dessinés par Lawrence G.Paull, dans un écrin dépressif et apocalyptique (l’action se déroulait essentiellement de nuit, dans le brouillard ou sous la pluie), aux vicissitudes de personnages cherchant à comprendre leur véritable nature et tentant de résoudre tels des Sisyphe les grands mystères de l’existence.
Au-delà de sa dimension sociale et politique, le vrai sujet de Blade Runner reste celui d’un Metropolis: la quête de l’humanité dans un univers déshumanisé. On y découvrait que les robots devenaient plus humains par leurs inquiétudes de mortels et que les humains devenaient, eux, des robots réduits aux pulsions mécaniques. Au creux du tumulte urbain engendré par les clivages, la publicité et l’insécurité, naissaient des séismes minuscules comme cette histoire d’amour impossible entre un chasseur de réplicant (Harrison Ford) et une femme réplicant (Sean Young). Soudain, consumé par un feu intérieur, Harrison Ford irradiait dans la noirceur, aussi ténébreux que Humphrey Bogart, en flic désabusé et taciturne faussement dépassé par les événements et réellement pourvu d’une ambiguïté morale. Car rien n’était blanc ou noir dans Blade Runner. Comme le soutenait la fameuse anecdote de la licorne, celle qui hantait les rêves du « blade runner » joué par Harrison Ford.

A la fin de Blade Runner, il récupère une licorne en origami faite par l’un de ses collègues et à cet instant, Deckard comprend de qui il est réellement. Dans le roman, le doute est levé sur son identité. Dans le film, c’est plus flou: Ridley Scott choisissait précisément ce qu’il voulait montrer et ce qui devait être laissé à la spéculation. Générant ainsi des milliers d’hypothèses pendant des décennies dans les courriers des lecteurs des années 80-90 et les forums de discussion des années 2000.
Le style visuel de Blade Runner et son ambiance néo-noire en font depuis une référence de la science-fiction et plus particulièrement du mouvement cyberpunk. 35 ans après, sa suite Blade Runner 2049 voit le jour; et le film de Ridley Scott de rester un sommet du genre. Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, pour le combat final entre le chasseur de réplicants/Harrison Ford et le réplicant/Rutger Hutger, sous la pluie, aux répliques sublimement tragiques. Parce qu’il faut voir tous les films qu’il a inspirés par la suite, et pas des mauvais: l’atmosphère paranoïaque, la ville plongée dans l’obscurité et le thème de l’implantation des souvenirs dans le cerveau des gens ont sûrement inspiré le Dark City, d’Alex Proyas, et la complexité thématique a servi de modèle à Ghost in the Shell de Mamoru Oshii. Une source d’inspiration également pour L’échelle de Jacob d’Adrian Lyne, dans ses questionnements métaphysiques, pour Brazil, de Terry Gilliam, dans ses digressions oniriques où les rêves protègent de la violence du réel. Et, évidemment, pour Inception, de Christopher Nolan. Ensuite, parce que Blade Runner, ce film qui ne se « perdra pas dans l’oubli comme les larmes dans la pluie » est représentatif du perfectionnisme de Ridley Scott qui, à ses débuts, refusait tout compromis quant à la description de sa cité du vice ou même dans les effets illustratifs. C’était beau. C’était fort. C’était fort beau.
Enfin, parce que, comme tout chef-d’œuvre de science-fiction qui se respecte, Blade Runner utilisait les projections futuristes pour donner à réfléchir sur ce qui se passait autour de nous. Ridley Scott comme K. Dick étaient alors formels: préparez-vous au pire car, en 2019, nous serons tous des réplicants.

Spread the chaos

Tags: , , ,

Pages : 1 2 3 4 5 6 7


About the Author



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑