HELLO

Published on novembre 15th, 2017 | by CHAOS REIGNS

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ALLÔ, C’EST ERIC CANTONA

[HELLO] ERIC CANTONA a laissé un message à la rédaction ce mercredi 15 novembre à 15h23. Son livre Mon Carnet (recueil de dessins, assortis de pensées et d’aphorismes) est sorti le 8 novembre chez Flammarion.

«Je n’ai pas de plan de carrière. Je suis plutôt bon public lorsque je vais au cinéma et je fonctionne à l’instinct: quand je veux faire un film, je le fais et je l’assume. Je peux faire du cinéma populaire comme du cinéma d’auteur. J’essaye de faire ce qu’il me semble bon… On nous met tellement dans des cases… Pourquoi devrais-je uniquement faire des grosses productions ? Je refuse, ce n’est pas ma conception du cinéma… Ça dépend aussi des périodes, des envies, des moments… C’est comme la musique, je ne peux pas dire que j’aime un style de musique plus qu’un autre. C’est selon l’humeur. Et je suis très fier de ressortir enrichi de mes récentes expériences dans le cinéma d’auteur. Mais pas enrichi financièrement, c’est sûr…

Faire de la provoc pour de la provoc, non merci! Il faut que ça soit justifié par le parcours d’un personnage. Par exemple, le personnage que je joue dans Les rencontres d’après-minuit de Yann Gonzalez [un homme surnommé « L’étalon » en raison de son sexe, hétéro ravagé par la mélancolie] m’intéresse lorsqu’il raconte son traumatisme. Parce que moi, à 20 ans, j’ai fait une psychanalyse… Cet univers m’a toujours intéressé. Le monde que l’on voit et qui nous entoure est une chose. L’émotion que l’on a lorsque l’on observe certaines choses est liée à notre histoire. On ne reçoit pas tous la même chose au même moment…

Vous savez, je suis bien conscient que la marginalité ne veut plus dire grand-chose à l’heure actuelle – nous sommes tous marginaux, à notre façon -, il est clair qu’il y a de moins en moins de places pour ceux qui s’éloignent des normes. Heureusement qu’il y a eu quelques années de gauche en France, dès les années 80, qui ont permis aux «marginaux» de s’exprimer. Il y a eu des progrès considérables: aujourd’hui, on accepte plus facilement l’homosexualité qu’il y a 20 ans. Les dirigeants ont tendance à tout verrouiller dans un système liberticide et c’est un danger. Tout ça fait flipper. Quand je vois que l’on choisit une race ou une nationalité et qu’on décide de l’exclure du pays, c’est peu dire que ça me dérange et me met mal à l’aise.»

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