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Published on juillet 31st, 2017 | by CHAOS REIGNS

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ADIEU SAM SHEPARD (1943-2017)

Le génial SAM SHEPARD est décédé ce lundi. Âgée de 73 ans, cette grande figure du cinéma, et du théâtre, américain avait notamment joué dans L’ÉTOFFE DES HÉROS de Philip Kaufman et signé le scénario de PARIS TEXAS, de Wim Wenders. In the name of chaos, l’écrivaine CLAIRE LEGENDRE lui rend hommage.

Agé de 73 ans, Samuel Shepard Rogers, de son nom complet, est décédé des suites d’une sclérose latérale amyotrophique, maladie neurodégénérative également appelée maladie de Charcot. Pour les spectateurs, Sam Shepard était un acteur charismatique, dont la présence a illuminé Les moissons du ciel, de Terrence Malick, et L’étoffe des héros de Philip Kaufman. Mais le natif de Fort Sheridan, dans l’Illinois, était bien plus que cela, un auteur profilique récompensé notamment par un prix Pulitzer pour sa pièce Buried Child, en 1979. Au cours de sa longue carrière, il a écrit près de 50 pièces, mais aussi des scénarios, notamment pour Robert Altman, avec Fool For Love, ou Wim Wenders, avec Paris, Texas, Palme d’or à Cannes en 1984. Il a partagé la vie de la chanteuse et poête Patty Smith, mais surtout de l’actrice Jessica Lange, dont il a partagé la vie durant près de trente ans et avec laquelle il a eu deux enfants. Pour nous, l’écrivaine Claire Legendre lui rend hommage.

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«Sam Shepard est un de ceux qui m’ont montré l’Amérique bien avant que je la voie en vrai. Pas seulement ses yeux bleus de cowboy, ses mots surtout. Ceux de Paris Texas, fil tendu où Wenders pouvait poser son regard. Le miroir sans tain et son long, son déchirant monologue, presque classique, derrière le visage absolu de Nastassja Kinski. L’année suivante, 1985, dans Fool for love, Shepard jouait, face à Kim Basinger, les dialogues d’une pièce qu’il avait écrite. Mon père a souvent monté cette pièce, dans son théâtre à Nice, quand j’étais petite. Il en faisait travailler des scènes aux élèves de ses cours pour adultes. Je me souviens des garçons qui peinaient parfois, virilité mise à l’épreuve, à incarner le cowboy fou d’amour, et des filles qui transcendaient leur beauté peroxydée par des larmes passionnées. Je me souviens de toutes celles qui ont joué May, qui y ont révélé leur grâce en portant des santiags, des jupes en jean et des mini-vagues. Aucun de ces accessoires ne parvenait à gâcher leur détresse et leur amour… Je me souviens de Daniel qui jouait le rôle que tient Harry Dean Stanton dans le film, son génie et sa folie, perché sur un cheval mécanique de rodéo pour enfant, et puis de la musique que j’avais suggérée à mon père, ce truc de Calvin Russel qui disait « My love is so« . Il y avait un flipper sur la scène et on se faisait des parties après les représentations. Je me souviens de la première fois où j’ai entendu pendant une répétition « Tes doigts sentent la chatte, ils sentent comme du métal » et que j’ai dû déduire ce que ça voulait dire. Et aussi de « beurre-moi pas de ta merde » dont la traduction me semble encore assez audacieuse aujourd’hui. Je retrouve ce matin Lune-faucon, un livre en fragments, de poèmes et d’histoires, qui me rappelle combien la poésie peut être triviale et simple, et crier très fort.» C.L.

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