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Published on août 28th, 2017 | by CHAOS REIGNS

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ADIEU MIREILLE DARC (1938-2017)

MIREILLE DARC est partie dans la nuit de dimanche, chez elle, à Paris. Comédienne marquante du cinéma français dans les années 60-70 (qui s’est remis de Mireille dans Galia et Le Grand Blond, sérieusement?), documentariste émérite à l’écoute de ceux gravitant en marge. Du populaire et du singulier. Respect éternel.

Oui, Mireille Aigroz, de son vrai nom, a marqué nos esprits cinéphiles. Et c’est peu dire que nous l’avons aimée. On le sait peu mais le premier rôle important de Mireille Darc au cinéma, c’était dans Pouic-Pouic (Jean Girault, 1963) aux côtés du couple Louis de Funès-Jacqueline Maillan. Deux ans plus tard, un rôle phare: celui de Galia de Georges Lautner. Mireille devient l’incarnation de la femme libérée. Un symbole à part entière, à l’instar de Bardot dans Et Dieu Créa la femme. Pas étonnant lorsque l’on sait que c’était d’abord à Brigitte Bardot que le projet était destiné, que Darc était tombé littéralement sous le charme du scénario de Vahé Katcha et qu’elle était allée convaincre le fidèle Lautner d’y participer. Ce sera la troisième de leurs 13 collaborations. Viendront ensuite Il était une fois un flic (1971) ou encore dans La Valise (1973). Viendra aussi une incursion marquante chez Godard hurlant en bleu FIN DE CINÉMA (Week-end, 1968). Puis, c’est aux côtés de Pierre Richard qu’elle explose, dans Le Grand Blond avec une chaussure noire (1972) puis Le Retour du grand blond (1974) d’Yves Robert. Sa robe ultra-sexy lui permet de confirmer son statut de sex-symbol.

Mireille Darc trainait dans les années 60-70 l’image d’une actrice frivole, qu’elle a court-circuité les décennies suivantes. Dans les années 1980, sa carrière était interrompue par une opération à cœur ouvert réalisée par le professeur Christian Cabrol. D’autres événements viendront noircir le tableau, à l’instar de cet accident de voiture dans un tunnel en Vallée d’Aoste, dans lequel elle était grièvement blessée – la colonne vertébrale fracturée l’a immobilisée pendant trois mois dans une coquille à l’hôpital de Genève et du décès du deuxième homme de sa vie, Pierre Barret, dont la greffe du foie échoua. Endurcie, elle avait alors quitté le monde du cinéma pour revenir à la télévision dans les années 90, dans le graaaannnd feuilleton estival phare diffusé sur TF1: Les Cœurs brûlés et sa suite, Les Yeux d’Hélène. Un succès depuis oublié mais considérable en son temps (dans le premier, Mireille jouait une méchante; dans le second, une aveugle plus sympa).

Par la suite, Mireille Darc avait privilégié d’autres horizons, le théâtre, la photographie, le documentaire. Elle avait notamment réalisé une série de reportages très engagés pour France Télévisions, notamment sur les transplantations d’organes, les travailleuses du sexe, les actrices de films X ou encore les femmes SDF. Elle confiait à Libération : « Les documentaires, c’est ce qui m’a le plus enrichie sur le plan humain. J’ai grandi. Au cinéma, j’ai vécu, j’ai été heureuse, je me suis bien explosé la tête. Mais je n’ai pas grandi. » Début 2007, Mireille Darc interprétait Sur la route de Madison au théâtre Marigny en compagnie d’Alain Delon, « l’homme de sa vie ». Alain Delon et Mireille Darc étaient inséparables. Partenaires à l’écran (L’Homme pressé, Mort d’un pourri, Madly, Jeff, Les Seins de glace et Borsalino), amoureux puis complices dans la vie. Interrogée sur sa relation avec Alain Delon, Mireille Darc, qui avait partagé quinze années de sa vie avec l’acteur, avouait l’aimer « au-delà de tout ». Cœur fragile mais énorme pour les autres, d’un amour inconditionnel. Vous étiez belle mais pas seulement, vous étiez aussi sensible aux autres, fort généreuse, profondément humble et touchante. Adieu, Mireille.

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