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Published on avril 9th, 2018 | by CHAOS REIGNS

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Adieu Juraj Herz (1934-2018)

Le réalisateur tchèque Juraj Herz est décédé, nous laissant des films aussi beaux qu’étranges (L’incinérateur de cadavres, Morgiana, La vampire de Ferrat, une adaptation merveilleuse de La belle et la bête…)

Véritable sorcier du chaos, Juraj Herz est né en 1934 dans la partie slovaque de la Tchécoslovaquie. En 1943, sa famille est arrêtée par la milice Hlinka, et déportée au camp de Ravensbrück, tandis que Juraj est placé dans la partie russe du camp de Sachsenhausen. En 1954, il entre à l’École supérieure des arts de la scène de Bratislava pour étudier la photographie, puis part étudier la mise en scène à l’académie de Prague des arts du spectacle (DAMU), où il reçoit les cours de direction de marionnettes d’un certain Jan Švankmajer. Aux débuts des années 60, il travaille comme acteur et metteur en scène au théâtre Semafor, devient assistant réalisateur aux studios Barrandov, notamment sur des films de Zbyněk Brynych (Transport z raje et Neschovávejte se, když prší, 1962). Assistant réal sur un chef-d’oeuvre (Le Miroir aux alouettes, 1965), il signe trois ans plus tard son premier film pour lequel il a les coudées franches: L’Incinérateur de cadavres, d’après un récit de Ladislav Fuks. Des scènes sont cependant coupées, puis, quand l’auteur et scénariste tombe en défaveur, le film est censuré. Après ce film a lieu la Normalisation en Tchécoslovaquie. Il parvient d’abord à réaliser Sladké hry minulého léta et Petrolejové lampy d’après un roman de Jaroslav Havlíček puis Morgiana avec l’actrice Iva Janžurová. Mais la censure gronde… Ses somptueuses adaptations de contes, qu’il fait cependant pencher vers le fantastique et l’horreur, comme La Belle et la Bête ou Le Neuvième Cœur d’après E. T. A. Hoffmann, provoquent notre ravissement cinéphile. Il adapte aussi un roman de Josef Nesvadba, Le Vampire de Ferat (Upír z Feratu), creusant sa prédilection pour le genre. A la fin des années 80, il part en Allemagne travailler pour la télévision. Il réalise d’autres contes, comme Le Roi Grenouille, et deux épisodes de la série télévisée Maigret. Il revient en République tchèque pour adapter un roman de Karel Pecka, Pasáž, en 1996. Une transposition qui lui permet, un temps, de retrouver un peu de liberté artistique. Ajoutons que Juraj Herz était juré… au Festival de Gérardmer en 2008 aux côtés de Stuart Gordon, Sean S. Cunningham, Ruggero Deodato, Jess Franco, Kristanna Loken, Neil Marshall, Takashi Shimizu, Jake West et Nicolas Winding Refn.

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