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Published on juillet 17th, 2017 | by CHAOS REIGNS

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ADIEU GEORGE A. ROMERO (1940-2017)

Le réalisateur américain George A. Romero, à qui l’on doit La Nuit des morts vivants et Zombie, est décédé dimanche à l’âge de 77 ans. Un cinéaste qui derrière les conventions du genre n’en distillait pas moins un discours critique et politique à l’égard des États-Unis.

FEAT. PHILIPPE ROUYER, GÉRARD DELORME & JÉREMIE MARCHETTI

GEORGE A. ROMERO PAR PHILIPPE ROUYER

Romero préféré : Zombie (Dawn of the Dead – montage européen)

«Romero a révolutionné le film de zombie, en cassant avec la tradition du zombie caraïbes.
La rupture avec la culture vaudou est définitive: il n’y a plus de drogue ou poudre pour transformer une personne en zombie et donc il n’y a plus de maître (humain) des zombies
Le génie de Romero est d’avoir fixé les nouvelles caractéristiques du zombie au cinéma (corps putréfié qui marche lentement et croque de l’humain sans avoir faim mais le contamine à la manière d’un vampire). Et donc de lui avoir donné une dimension politique dès son coup d’essai La Nuit des morts-vivants (1968). Ce sera le premier film d’horreur moderne à être projeté au MOMA de New York (le 16 juin 1970) et le premier à donner ses lettres de noblesse au gore. Dans la foulée, Romero a continué en reprenant régulièrement la figure des zombies pour en faire chaque fois un portrait de l’Amérique ancré dans son époque
Zombie (Dawn of the Dead): le consumérisme des seventies
Le Jour des morts-vivants: le cauchemar de l’Amérique Reaganienne
Land of the Dead et son imagerie post 11 septembre
Diary of the Dead le zombie à l’heure du numérique et des réseaux sociaux
Entre tous ses films de zombies, Romero a expérimenté avec plus ou moins de bonheur dans différents registres de l’horreur (Martin et Incidents de parcours sont de grandes réussites), mais avec toujours un regard critique sur la société, une touche de dérision (sans jamais verser dans la parodie) et un profond amour du genre, cultivé dès sa jeunesse par la lecture de comics horrifiques auxquels il rendra hommage dans Creepshow»

GEORGE A. ROMERO PAR GÉRARD DELORME

Romero préféré: Zombie (Dawn of the dead) pour la richesse symbolique et tout le sens qu’on peut en tirer encore aujourd’hui.

«C’est La nuit des Morts vivants qui a fait entrer le film d’horreur dans l’ère moderne en étendant la portée du genre dans tous les domaines. Romero a poussé le curseur de l’horreur viscérale au-delà de tout ce qui avait été fait auparavant, en même temps qu’il posait sur l’Amérique (et sur l’humanité en général) un regard lucide et sans complaisance.»

GEORGE A. ROMERO PAR JEREMIE MARCHETTI

Romero préféré : Day of the Dead

«Je crois avoir un rapport assez ambivalent avec la filmo de Romero: d’un côté, je pense sérieusement qu’une grande partie de sa filmo a beaucoup vieilli sur sa forme, et beaucoup moins dans son fond. De l’autre, je peux pas nier l’impact de Night/Dawn/Day sur ma vie de cinéphile, en particulier durant toute mon enfance et mon adolescence. Ce qu’il a fait avec Night of the living dead, ça va au delà même du cinéma: il nous a tous appris qu’il ne fallait jamais sous-estimer l’impact d’un petit film. C’étaient des films entourés d’un aura mythique, de la moindre jaquette au plus petit photogramme, et qui respectaient au final toutes leur promesses: du jamais vu tout simplement (même si on pourrait parler des troublantes ressemblances avec Carnival of Souls ou Messiah of Evil). Zombie est resté longtemps mon film d’horreur de chevet, tellement il m’amusait autant qu’il me terrifiait. Il y a encore des images fabuleuses qui restent aujourd’hui (le plan avec la balle de tennis, l’immeuble qui s’éteint dans la nuit ou le zombie se levant du lit) mais j’ai un peu de mal, là où Night garde encore ce côté cauchemar fiévreux. Je pense que Day of the Dead est celui qui a mieux tenu le coup: c’est le moins politisé, mais l’ouverture est grandiose, presque «Carpentienne» (sans doute à cause de la zik de John Harrison), l’ambiance y est lourde, les maquillages de Savini vraiment sidérants, l’héroïne digne d’une Ripley… Mais s’il fallait gratter un peu plus, c’est Monkey Shines qui s’en sort avec le plus de panache, à se demander même si ce n’est pas son meilleur. D’ailleurs, sa «psycho» trilogie (avec The Dark Half et Bruiser) est largement à réévaluer: je crois que les gens ont toujours un peu boudé ces trois-là à force d’attendre toujours des macchabées ambulants de sa part.»

Retrouvez dans les pages suivantes un portrait, une interview carrière, un focus sur La nuit des morts vivants et un focus sur Zombie.

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