Mon CHAOS à MOI

Published on mars 16th, 2018 | by CHAOS REIGNS

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LES 5 FILMS CHAOS DE… PASCAL LAUGIER

MONDOCHAOS! PASCAL LAUGIER, réalisateur de GHOSTLAND (en salles depuis mercredi) nous donne ses 5 films CHAOS à voir absolument.

L’exorciste 3 de William Peter Blatty (1990)
«Blatty, papa de L’Exorciste original (roman et scenario) n’a jamais digéré les ambiguités morales et religieuses imposes par un Friedkin indomptable sur le montage de ce qu’il considérait comme une entreprise commune. Alors, dans le troisième chapitre, enfin seul aux commandes, il remet les pendules à l’heure (la sienne): OUI, le diable existe vraiment! Film de puritain convaincu donc film profondément tordu, la foi de Blatty se mue en foi pour le cinéma: mise en scène au cordeau, ton sentencieux qui veut convaincre à tout prix, longues conversations de personnages résignés qui savent, avant tout le monde, que l’Apocalypse s’en vient. Un film pour sauver le Monde du mal qui le contamine… Mais aussi une série B jouissive et goreuse sur un serial-killer très très flippant. Tout cela est-il vraiment sérieux? Bien sûr que oui! Pour Blatter, douter (de son film, de Dieu…), c’est déjà pêcher. Alors, mécréants que nous sommes, abstenons-nous. En bonus, le plus terrifiant jump scare de l’histoire du cinéma.»

Willard de Glen Morgan (2003)
«Crispin Glover (putain, faut que ce mec tourne plus de films!) partage avec Norman Bates ses névroses, une maison gothico-victorienne et une mère abominable, sauf que celle-là est bien vivante et rendrait chèvre le plus janséniste des films. Alors, quand c’est Crispin Glover, le fils, faut imaginer l’exercice de «roue libre» qui s’ensuit. Ça roule des yeux façon Bela Lugosi, ça s’exalte, ça s’enfièvre sans raison, ça porte sur soi la folie d’un personnage de fiction autant que celle, mi-self conscious, mi-pas tant que ça, de l’acteur le plus génialement barré (et inquiétant) de la génération Matt Dillon. La mise en scène magnifiquement expressionniste se colle au délire et la musique goguenarde de Shirley Walker nous confirme qu’on a affaire à un pur film d’horreur iconoclaste. C’est simple: face à Crispin Glover (où es-tu, Crispin?), même les rats font profil bas.»

Phantasm de Don Coscarelli (1979)
«La quintessence de l’horreur mélancolique. Film impossible à résumer, rappelant l’époque bénie où cette saloperie qu’on appelle le «pitch» n’existait pas. On ne savait rien d’un film, on rentrait dans la salle sur la seule foi d’une affiche et de quelques photos d’exploitation… Et on se retrouvait sidéré à la vue d’un minuscule film bricolé par un gars de 25 ans avec l’aide de quelques amis et de ses parents. On en ressortait modifié, dans un état second, avec la sensation d’avoir vécu une phase de sommeil paradoxal particulièrement intense. Et trente ans après, on en parle encore… De l’étrangeté merveilleuse de ce film, il me reste tout: la musique, la folie de son scénario, imposée tranquillement par un Coscarelli qui croit tellement à ce qu’il raconte qu’il faudrait être un connard (il y en a) pour faire la fine bouche, le montage en spirale, la photographie automnale… Ces années 70 pendant lesquelles je suis né, comme d’une certaine façon, je suis né de ce film.»

Link de Richard Franklin (1986)
«Il y a des films qui, le temps passant, n’arrivent pas à s’imposer. Ni classiques, ni cultes, ni méprisés, ils errent dans des limbes tristes, entre négligence et oubli. Dans celui-ci, une jeune Elizabeth Shue s’affronte à un vieux chimpanzé à moitié taré qui nourrit à son endroit les sentiments douloureux d’un amour réprouvé. Un amour contre-nature, auquel le singe n’arrive pourtant pas à renoncer. Et cette scène stupéfiante où Elizabeth Shue, belle et plantureuse, prend sa douche… Avant de se rendre compte que le primate, immobile sur le seuil de la salle de bain, scrute silencieusement sa nudité. Gros plan sur le visage impénétrable du singe; la profondeur vertigineuse du cinéma fantastique et de ses monstres est contenue dans ce plan-là . A cette profondeur, le personnage d’Elizabeth Shue répond en interrompant sa douche… Et en se rhabillant. Camarades cinéphages, aidez-moi à réhabiliter ce film, s’il vous plait.»

Dark Waters de Mariano Baino (1994)
«Un film de nonnes maléfiques tourné en Ukraine dans les années 90 par un Italien fou exilé en Angleterre qui convoque le giallo, Bergman, Tarkovski et Lovecraft, ça existe? Oui, ça existe.»

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