Mon CHAOS à MOI

Published on avril 10th, 2017 | by François Cau

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LES 5 FILMS CHAOS DE… HENRY MICHEL

MONDOCHAOS! Immersion cette semaine dans le monde galvanisant des podcasts indépendants avec, pour ouvrir le bal, ni plus ni moins que le génial Henry Michel, grand ordonnateur de la galaxie Riviera Ferraille (et par ailleurs meilleur commentateur culinaro-télévisuel en activité). Délicatement lovés au sein duveteux de ce réseau en voie d’expansion, le classique en devenir de l’humour improvisé Riviera Détente, rendez-vous incontournable de la dilatation de membranes, ou encore le tout jeune podcast historico-barjo Réf. Nécessaire. En attendant de plonger avec délice dans ces heures de plaisirs agamemnesques, Henry Michel vous dévoile ses 5 films Chaos. Merci à lui, pour ça, pour tout.

LA DERNIERE FEMME de Marco Ferreri

C’est le film de ma vie. Plus chaos, tu meurs. C’est le film qui m’a défini en tant qu’homme, que partenaire, que papa, qu’amant, que mari, et j’étais pourtant un ado mal fini quand je l’ai vu. J’étais parti le voir à la cinémathèque de Nice grâce à mon copain de fac Yann Gonzalez qui est devenu par la suite un grand réalisateur et m’a ouvert les portes d’un cinéma que je n’avais jamais vu auparavant. Pour la première fois je voyais la vraie vie dans un film, l’intimité comme je ne l’avais jamais vue, le cul comme je ne l’avais jamais vu. Les enjeux que le film draine sont éternels, la domination masculine, la maman et la putain, le désir de bien faire en en étant incapable. Ornella Mutti est au-delà de toute réalité tellement elle est belle.

UNE FEMME SOUS INFLUENCE de John Cassevetes

Il faut voir Cassavetes jeune, je pense, pour comprendre très tôt à quel point le cinéma peut dépasser la réalité, à quel point il y a certaines occasions où il est plus réel que ce que l’on peut vivre. La lente chute vers la folie et la fragilité d’une mère de famille. Raconter ce film serait faire injustice au jeu exceptionnel de Gena Rowlands. C’était mon premier Cassavetes, et j’étais stupéfait de la vérité des scènes, des émotions que je ressentais, de l’ambiance, de la folie contagieuse, de la beauté folle de Gena. Encore un film avec « femme » dans le titre.

LES IDIOTS de Lars Von Trier

J’ai toujours adoré et défendu ce film que beaucoup détestent. Il a presque vingt ans, et je le trouve toujours un peu plus salutaire. Des jeunes rompent avec la société en se faisant passer pour des idiots, en ne faisant rien de ce que la société demande ou conseille. Ils vivent comme des demeurés, mangent et baisent comme des cochons, s’évadent de tout. Ne plus faire gaffe au regard des autres, c’est ça la vraie subversion. Je trouve ça beaucoup plus punk que de poster un tatouage « anarchy » sur instagram.

LES SOUS-DOUES EN VACANCES de Claude Zidi

C’est le film de mon coeur, il est con, il est 100% riviera, y’a des beaux gosses et des nénettes, y’a le soleil, tout le monde s’en fout de tout. C’est Saint-Tropez, c’est la connerie, c’est du cul, de la gomina et de la déconne. C’est le genre de films que j’aime voir en pensant à l’ambiance des tournages, les soirées entre acteurs et l’équipe le soir, les bains de minuit bourrés, les bons souvenirs… Et puis il y a Guy Marchand, qui devait être le plus épicurien de la bande.

AGUIRRE LA COLERE DE DIEU de Werner Herzog

Il y a 5 ans, j’ai perdu littéralement une idole lorsque les révélations de ses enfants ont mis en lumière que Klaus Kinski était un monstre intégral, au-delà même du monstre social qui me fascinait. Pendant des années, j’avais élevé Kinski au rang d’homme le plus libre du monde, hurlant, vociférant, sans barrière entre lui et le monde, passionné jusqu’au suicide, hurlant jusqu’à la crise cardiaque, une boule de colère égoïste contre le monde. Le documentaire Ennemis Intimes de Werner Herzog avait fini de m’achever. Je trouvais la folie de Kinski hilarante, enthousiasmante, je n’avais jamais vu quelqu’un d’aussi détaché du port. Je ne me remet pas du fait qu’il soit allé si loin et ai fait si mal à ses filles. Aguirre, c’est Kinski dans sa veine la plus dingue. Regarder Ennemis Intimes pour encore plus apprécier les scènes.

Je me rend compte que 4 de mes films cultes parlent de folie et de décrochage volontaire de la société. Mais quand la société est un chaos, qui est le fou, celui qui la suit, ou celui qui s’en détache ? Vous avez trois heures.

Pour rejoindre la galaxie podcast d’Henry Michel et ses délicieux sbires, rendez-vous sur http://www.rivieraferraille.com et sur https://twitter.com/HenryMichel.

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Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



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