Mon CHAOS à MOI

Published on avril 13th, 2017 | by François Cau

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LES 5 FILMS CHAOS DE… DANIEL ANDREYEV

MONDOCHAOS! Impossible de continuer l’exploration du monde merveilleux des podcasts indépendants sans se confronter au mutant randonneur Daniel Andreyev, aussi à l’aise en langues anglaise, japonaise et russe qu’en jeux vidéo ou en comédies françaises des années 2010. Son Robotics Podcast Universe compte les « déjà cultes » After Hate avec son compère angelin Benjamin François et Super Ciné Battle avec le séparatiste savoyard Stéphane Bouley, et la famille vient de s’agrandir récemment avec MDR, consacré à l’actualité des sorties, hmm, comiques françaises. Homme de la Renaissance et du bon goût, Daniel nous livre ses films chaos de prédilection.

AKIRA de Katsuhiro Ôtomo (1988)

Ça paraît évident, un film du chaos sur le chaos à propos du chaos. Je pense toujours aux gens qui sont allés le voir le jour de sa sortie au Japon. Il y a une date au tout début du film, c’est celle de la sortie, puis la bombe explose et la ville renaît. Les spectateurs nippons du premier jour ont dû se dire « gloups ». Quelque part, c’est le plus grand Urbex de tous les temps, un film de la ruine où le futur est une ruine. La bande-son commence par une explosion très forte, qui peut péter tes oreilles ou tes enceintes, comme ce fut le cas pour les miennes Quoi de plus chaos qu’un film qui te fout les boules, bousille ton installation hifi et te flanque une crise cardiaque ?

BARBEROUSSE de Akira Kurosawa (1965)

Ce que je préfère, c’est pas tant le fait de déclencher le chaos ou d’y basculer, mais quand il est contrôlé, et à ce titre, la scène de baston du film est un monument, dont on peut retrouver des traces plus tard dans Ip Man, notamment. On parle d’un mec, joué par Toshirô Mifune, qui a toute puissance pour annihiler ses adversaires, les réduire à une virgule dans l’histoire de l’humanité, il pourrait tuer à tout moment mais il ne fait que déboiter les bras. C’est un docteur, il sait comment s’y prendre, il sème le chaos dans le combat pour le contrôler. Cette puissance internalisée diffère complètement de la philosophie de combat d’un Jackie Chan, par exemple, où c’est l’accessoire qui va arriver de façon impromptue et servir d’arme.

AUTANT EN EMPORTE MON NUNCHAKU / THE STREET FIGHTER de Shigehiro Ozawa (1974)

L’important dans ce film, c’est Sonny Chiba, son personnage, génial. Il y a cette scène où il est dans sa voiture qui se fait happer par une grue, il se retrouve suspendu dans le vide. On voit ce moment où Sonny Chiba concentre tout son Chi, et c’est grâce à ça qu’il survit. Ses assaillants approchent de la bagnole pour voir ce qu’il en est et il sort comme si de rien n’était, il leur déphase le visage. Il en frappe deux avec le coude sur le haut du crâne, il y a une vision en rayon X de la tête du méchant et son cou, 6 milliards de litres de sang giclent, et il meurt. C’est le plus beau coup de l’histoire de l’humanité. Ce film est sous-estimé par rapport à sa puissance. Il arrache les couilles d’un monsieur à main nue, tout de même.

NINJA SCROLL de Yoshiaki Kawajiri (1993)

Pour l’anecdote, il n’y est jamais question de scroll mais bon, pourquoi pas, après tout – le titre original, c’est le nom du personnage. Grande influence des sœurs Wachowski, qui ont ensuite absolument voulu Kawajiri pour Animatrix et je les comprends tant ce film est exceptionnel, une adaptation parfaite de jeu beat them all à la japonaise. Puis c’est complètement What the fuck. Il y a ce personnage féminin génial, Kagero, une ninja complètement badass, invulnérable au poison à force de s’y être intoxiqué. Si quelqu’un essaie juste de l’embrasser, il aurait droit à une mort certaine. Le héros ne peut pas la toucher, comme Rogue dans X-Men, je trouve ça très beau, très mélancolique.

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Il y a toujours un problème central dans ses films, et à chaque fois le chaos est semé par le rire ou un événement inattendu. Même au cœur du dramatique, il va te donner quelqu’un qui tombe dans la boue, comme dans Mother, ou un gros coréen qui fait un high kick tout pourri. C’est ce que j’adore chez lui, cette maîtrise chaotique fabuleuse. Pour moi, un des plus grands réalisateurs de tous les temps.

BABY CART : LE SABRE DE LA VENGEANCE de Kenji Misumi (1972)

Pour cette scène où Ogami comprend qu’après son inculpation à tort, sa vie va devenir l’enfer, on va le poursuivre toute sa vie, il n’y a pas d’échappatoire. Il a un enfant à sa charge, il met devant lui un sabre et un ballon et il lui dit voilà mon fils, si tu choisis le ballon, je comprends, je t’exécuterai – n’oublions pas que c’est un assassin de droit. S’il choisit le sabre, il choisit de vivre cette vie d’enfer avec moi. On va traverser ensemble le meifumado (le Styx japonais), tu mèneras cette vie de chaos avec moi. Ce n’est pas un choix qu’on donne à un enfant, mais lui le fait. Une des plus grandes scènes de tous les temps au cinéma.

Daniel Andreyev, Breath of the Wild

Le Robotics Podcast Universe :

After Hate : http://afterhate.fr

Super Ciné Battle : http://supercinebattle.fr

MDR : https://soundcloud.com/mdrpodcast

Daniel Andreyev sur Twitter : https://twitter.com/kamuirobotics

 

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Défendra L'Amour Braque sur un champ de bataille. Mourra donc bêtement.



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