Mon CHAOS à MOI

Published on mai 11th, 2017 | by Sylvain Perret

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LES 5 FILMS CHAOS DE… ALISTER

MONDOCHAOS! ALISTER, alias Christophe Ernault, débute à la télévision pour quelques programmes courts avant de passer d’un medium à l’autre avec la même nonchalance: outre quelques nouvelles compilés dans le bien nommé Playlist, ainsi que quelques recueils d’anthologies (Anthologie des bourdes et autres curiosités de la chanson française, Anthologie des méchants et autres salauds du cinéma français), il signe trois albums (dont le récent Mouvement Perpétuel) et un EP, fonde et co-dirige le mook Schnock, et a animé pendant deux ans avec Mathieu Alterman sa déclinaison radiophonique sur Ouï FM. Pas grave, le sémillant dandy, auteur du titre pop Je travaille pour un con, a certainement d’autres projets dans sa besace, notamment un prochain Schnock le 7 juin ainsi qu’un livre tout juste rédigé à paraitre au mois de janvier. No Future, No Stalgie et So Chaos, surtout quand il nous ouvre sa malle au trésor cinéphilique.

LA CASTAGNE de George Roy Hill
«Après les cartons de Butch Cassidy et L’Arnaque, George Roy Hill et Paul Newman se retrouvent pour ce chef-d’œuvre de badasserie imbibée et accomplissent l’exploit de faire d’un film de «sport» (en l’occurrence ici, le hockey sur glace), l’un des genres les plus barbants du 7eart, un chef d’œuvre d’humour noir et de cynisme. Paul Newman est parfait dans son rôle d’entraîneur loser. Et les scènes avec les trois crétins de frères Hanson sont toutes d’anthologie. Aurait mérité un spin-off.»

DR POPAUL de Claude Chabrol
«Chabrol a fait d’autres films excentrés de son cœur de métier, le polar près de chez vous, et rarement avec bonheur, mais là si le mot «plaisir coupable» a un sens il s’adapte parfaitement ici. C’est une farce hénaurme où Belmondo joue un méchant connard cupide entourée d’une Mia Farrow enlaidie et d’une Laura Antonelli belle à en bouffer son slip. Le scénario de Guégauf est d’une cruauté absolue et même quand des scènes ne servent à rien (celle du tribunal notamment où Belmondo imite Michel Simon) on est content. C’est finalement plus L’IDÉE du film (produit par Belmondo lui-même alors qu’il est au sommet) qui me plait que le résultat. C’est aussi le fait qu’il reste introuvable en DVD. C’est enfin parce que c’est le plus gros succès de Chabrol au box-office. Y’a une thèse à faire sur ce truc.»

L’IMPRÉCATEUR de Jean-Louis Bertuccelli
«Un film étrange, prescient, passionnant, maladroit et… introuvable. Les employés d’une multinationale se déchirent dans une Tour Montparnasse en voie de s’effondrer (d’après un roman de René Victor Pilhes). Le casting est hallucinant: Jean Yanne, dans le rôle principal du DRH, la joue profil bas, humain, laissant Piccoli, Marielle et Michael Lonsdale partir en vrille. Dommage que la longue scène finale soit ratée, par manque de moyens apparemment, ça gâche l’ensemble. Sinon, c’est assez intelligent.»

OBSESSIONS de Julien Duvivier
«Un Julien Duvivier période américaine constitué de trois sketches sensés traités du surnaturel. Un projet pour le moins bizarre très inégal mais traversé de scènes fantastiques. Le premier sketch annonce Les yeux sans visage mais c’est surtout le second avec Edward G.Robinson (adapté de la nouvelle d’Oscar Wilde, Le crime de lord Arthur Savile), qui est un chef-d’œuvre absolu de gothisme hollywoodien.»

L’ULTIME GARÇONNIÈRE de Richard Lester
«Richard Lester boucle ses brillantes années 60 (après Quatre garçons dans le vent et The Knack) avec ce kaléidoscope apocalyptique repoussant la notion d’absurde dans ses ultimes retranchements. Un truc à faire passer les Monty Python pour les Chevaliers du Fiel. Et c’est finalement beaucoup moins drôle que ça n’en a l’air (même si le script est signe Spike Milligan du Goon Show). Le ton est étrange. Le rythme lent. Bénéficiant à l’époque d’une liberté totale, Lester a rendu une copie expérimentale assez couillue vu son statut d’alors. On dit d’ailleurs que le producteur à la première projection se serait écrié: «Ça va durer longtemps cette merde?». Rien que pour ça…»

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About the Author

Monteur de formation, Sylvain Perret a fondé et dirigé de 2008 à 2014 le webzine 1Kult.com, qui vogue du côté des cinéphilies alternatives et invisibles. Parallèlement, il multiplie les casquettes en programmant et présentant des séances cinéma, réalisant des documentaires (Mais qui est Jean Louis Van Belle ?) et des interviews, éditant des DVD via le label Badlands, et écrivant sur le cinéma français dans des médias comme Schnock, Mad Movies, Torso, Culturopoing, etc...



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