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Published on décembre 7th, 2017 | by Alex Masson

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LES 10 INÉDITS CHAOS DE 2017

Ces films de 2017 sont géniaux et, pourtant, ils restent inédits en salle. Insortables, invendables. SKANDAL!

RON GOOSSENS, LOW BUDGET STUNTMAN de Steffen Haars & Flip Van der Kuil
Magnifique odyssée de la lose autour d’un tocard, littéralement fini à la bière, devenu cascadeur foireux. Un goût de comédie italienne, période Affreux, sales et méchants (Ettore Scola, 1976) délocalisée en Hollande mais surtout une partouze potache entre La merditude des choses (Felix Van Groeningen, 2009) et les fabuleux personnages de neuneus de Ben Stiller ou Will Farrell. Affreux, sale et poilant.

BAD DAY FOR THE CUT de Chris Baugh
La vengeance d’un bouseux irlandais convoque le souvenir des grandes heures d’un cinéma britannique se contrefoutant des bonnes manières. Bad Day for the Cut et son anti-gentleman Farmer englué dans l’héritage de la violence des années IRA sont la meilleure nouvelle venue de là-bas depuis La loi du milieu (Mike Hodges, 1971).

LES BONNES MANIÈRES de Marco Dutra & Juliana Rojas
Après plusieurs essais (Trabalhar Cansa, Quando eu era vivo…) Dutra & Rojas ont enfin trouvé la formule alchimique pour concilier étude sociale du Brésil et amour vibrant du fantastique. Forcément avec une histoire de créature hybride, un enfant loup-garou. La meilleure transformation depuis celle du Loup-Garou de Londres.

BRAWL IN CELL 99 de S.Craig Zahler
S.Craig Zahler est une passionnante énigme depuis son scénario du (toujours scandaleusement inédit) The incident ou son western cannibale Bone Tomahawk. Brawl in cell 99 en rajoute une couche dans une chronique à coups de tatane des valeurs de l’Amérique prolo contemporaine. On a enfin trouvé l’héritier du cinéma ultra-badass de John Flynn (Pacte avec un flic, Justice sauvage, Rolling thunder…). En espérant qu’il ne finisse pas dans le même oubli.

O GRANDE CIRCO MISTICO de Carlos Diegues
Soyons honnêtes: on n’attendait plus grand-chose de Carlos Diegues – rien de bien palpitant depuis 1984 avec son Quilombo. Mais cette saga à travers les générations d’un cirque familial assure qu’il bande encore en marchant dans les traces fantasques et sensuelles d’un Alejandro Jodorowsky, même (surtout?) quand elle est bordélique ou jongle avec une partie de casting français (Vincent Cassel, Catherine Mouchet). Du pur film d’équilibriste. Beau parce qu’il vacille en permanence.

MERRICK de Benjamin Diouris
L’équation «moins de blé = plus d’idées» reste valide. Bricolée avec un dixième du budget pauses cafés du Valerian de Luc Besson, Merrick ose une attachante fable post-apocalyptique pour accompagner un deuil, chercher l’humanité dans un monde qui s’en est vidé. Un éloge sublimé par une photo encore plus exceptionnelle, vu la micro-économie de la chose. On n’ose pas imaginer les miracles dont seraient capables Diouris et son chef-op, Léo Schrepel avec ne serait-ce qu’une aide (ou une considération) du CNC.

MEDEA de Alexandra Latishev Salazar
La grossesse peut-être une prison quand on a encore l’âge de faire la fête. L’étudiante en cloque malgré elle de Medea a quelque chose des femmes en éternelle lutte du cinéma des Dardenne mais filmée dans une logique à la Andrea Arnold: frontalement, sans compromis mais avec compassion. Jusqu’à déborder d’un cadre en 4/3. Dans ce format utérin, une immense actrice (Liliana Belmonte) et une grande réalisatrice sont nées.

DON’T SWALLOW MY HEART ALLIGATOR GIRL de Felipe Bragança
Le fleuve Apa sépare le Brésil du Paraguay mais aussi un gamin brésilien d’une ado guarani dont il est fou amoureux. Entre les deux un gang de bikers piloté par le frère aîné du môme, en pleine guerre de territoires avec les indiens. Avec une telle intrigue, Baz Luhrmann aurait pondu un remake latino de son Roméo + Juliet à la sauce Lambada. Felipe Brangança y préfère les fiançailles moins geignardes d’un craquante romance infantile et du teenage movie à la Rusty James. Comment ça se dit «réalisme magique» en Guarani?

AUTOHEAD de Rohit Mittal
A Mumbai, un chauffeur de rickshaw accro aux films bollywoodiens et au porno occidental se met à péter les plombs et dézinguer ses clients. Un remake indien de Taxi driver? Ça serait trop facile. Ce faux documentaire tend plus vers une mise à jour en GoPro de C’est arrivé près de chez vous pour raconter comment la nouvelle civilisation médiatique rend fou.

SEXY DURGA de Sanal Kumar Sasidharan
Moins brutal, cet autre film indien est plus flippant. La virée en stop d’un couple vire au calvaire quand ils montent dans un van qui transpire la testostérone. Un jeu de chat et la souris qui invoque autant, dans sa crudité documentaire, les cauchemardesques visions sociales de Brillante Mendoza qu’un suspense psychologique de John Carpenter. Voyage au bout d’une nuit indienne, définitivement noire.

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Jurait petit qu’il serait réalisateur. A rapidement renoncé quand il a découvert Michael Powell, Masahi Kobayashi, Miklos Jancso et quelques autres, constatant qu’il ne serait jamais à la hauteur.



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